VIDEO. Congrès des Républicains: Valls riposte à Sarkozy qui accuse la gauche de «trahir» la République

POLEMIQUE Le locataire de Matignon a estimé que les attaques de Nicolas Sarkozy « blessaient inutilement le pays »...

M.B. avec AFP

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Le patron des "Républicains" (ex-UMP), Nicolas Sarkozy, le 30 mai 2015 à Paris
Le patron des "Républicains" (ex-UMP), Nicolas Sarkozy, le 30 mai 2015 à Paris — STEPHANE DE SAKUTIN AFP

Nicolas Sarkozy tire à boulets rouges. « Vous ne défendez pas la République, vous la caricaturez », a accusé, samedi, le président du mouvement « Les Républicains » en s’adressant à la gauche, dans son discours de clôture du congrès fondateur du nouveau parti qui succède à l’UMP, citant « théorie du genre », « nivellement », « égalitarisme », « méfiance pour tous ceux qui entreprennent »…

«Vous ne respectez pas la République »

« Vous ne respectez pas la République, vous la trahissez par le coup de force permanent parce que vous pensez qu’avoir la majorité vous donne tous les droits, a lâché l’ancien chef de l’Etat. Vous ne protégez pas la République, vous la livrez aux minorités agissantes et aux clientèles électorales successives que vous servez après vous en être servis ».

Nicolas Sarkozy a attaqué la gauche bille en tête, gauche qui « prétend avoir le monopole des valeurs de la République », qui « met tant d’acharnement à détruire l’école », qui « discrédite la famille » notamment. « Nous n’avons jamais prétendu que d’autres n’étaient pas dignes de se nommer ainsi », a-t-il aussi lancé en référence à la contestation par une partie de la gauche de la nouvelle appellation de l’UMP en « Les Républicains », arguant d’une captation d’héritage.

Selon Nicolas Sarkozy, « la France ne peut pas être condamnée à choisir entre le terrifiant spectacle du drame familial des Le Pen et la terrifiante médiocrité de ceux qui nous gouvernent ». L’ancien chef de l’Etat a ensuite vanté la République de la « confiance », répétant l’expression à de nombreuses reprises. « La République de la confiance se construit avec la vérité et non avec le mensonge. C’est pourquoi François Hollande a tant de mal à rétablir la confiance ».

« Sortir de ce goût de revanche »

Après cette attaque en règle, le Premier ministre Manuel Valls a riposté depuis Trente en Italie où il est en déplacement. Le locataire de Matignon a estimé que ces attaques de Nicolas Sarkozy « blessaient inutilement le pays », appelant à « sortir de ce goût de revanche » et » « des insultes ».

« Le pays a besoin d’un autre débat politique et d’autres formules. Nous l’avons démontré ici avec deux chefs de gouvernement - même génération, qui vont de l’avant et veulent réformer nos pays, qui ont compris que les vieilles recettes politiques ne doivent plus être utilisées », a déclaré le Premier ministre, qui venait de rencontrer le chef du gouvernement italien Matteo Renzi.

De son côté, Jean-Christophe Cambadélis, premier secrétaire du PS, a regretté que Nicolas Sarkozy ait attaqué « sans relâche la gauche, délaissant le Front national » et jugé qu’il « divisait la République pour mieux s’imposer à son camp ».