Juppé veut arrêter de «se focaliser sur le foulard islamique»

RELIGION Alain Juppé a tenu ses propos dans une interview au journal «Le Figaro»...

20 Minutes avec AFP

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Alain Juppé, maire UMP de Bordeaux, le 12 mars 2015 à Lyon.
Alain Juppé, maire UMP de Bordeaux, le 12 mars 2015 à Lyon. — Pascal Fayolle/SIPA

Alain Juppé, candidat à la primaire UMP pour 2017, demande qu'on arrête de «se focaliser sur le foulard» islamique, dans une interview au Figaro, publié vendredi sur le site du journal et samedi dans sa version papier.

«Le foulard est-il vraiment un signe d'inégalité ?», se demande l'ancien Premier ministre. «J'étais pleinement d'accord pour interdire les signes religieux ostentatoires à l'école. Mais au-delà ? Il y a des traditions». «Arrêtons de nous focaliser sur le foulard ! En revanche, le voile intégral, la burqa ne sont nulle part acceptables, sont contraires à la loi et stigmatisent à l'évidence la femme», ajoute-t-il.

Défendant de nouveau son «objectif» d'«identité heureuse», M. Juppé affirme que «nous sommes divers, il faut respecter nos différences, personne ne privera personne de ses racines».

Juppé veut parler d'intégration

«L'idée d'assimiler les gens, d'effacer les différences, n'a pas de sens. Ni sur le plan moral, ni sur le plan du réalisme. Je préfère parler d'intégration. Dans le même temps, ces différences ne peuvent s'exprimer que si nous partageons un bien commun. C'est l'union dans la diversité, pour reprendre la devise européenne», affirme-t-il.

L'identité heureuse dissuadera-t-elle des jeunes filles de porter le voile à l'université ou des jupes religieuses à l'école ? «Oui, à condition qu'on ne les provoque pas», répond M. Juppé. «Il faut arrêter de dire que porter un foulard sur la tête est un scandale. Le respect de la laïcité est une des missions régaliennes de l'État, nous devons être implacables: les lois religieuses n'ont pas à s'imposer dans la sphère publique et les signes religieux n'ont pas leur place à l'école», ajoute-t-il.

«Mais de là à considérer qu'un enfant qui ne veut pas manger de porc doit être exclu de l'école publique ou qu'une adulte qui porte un foulard n'a pas sa place à l'université... Il faut garder son sang-froid! Ne tombons pas dans l'extrémisme et dans la stigmatisation systématique. Il existe des accommodements raisonnables», affirme-t-il.