Congrès de l’UMP: Vers un triomphe de Nicolas Sarkozy?

POLITIQUE Le parti a pris pour nom « Les Républicains », comme le souhaitait l’ancien chef de l’Etat…

Thibaut Le Gal

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Le président de l'UMP Nicolas Sarkozy, à Rilleux-la-Pape le 21 mai 2015
Le président de l'UMP Nicolas Sarkozy, à Rilleux-la-Pape le 21 mai 2015 — AFP

L’UMP tiend son dernier congrès ce samedi, porte de la Villette à Paris. Le parti va devenir « Les Républicains », comme l’a décidé le vote des adhérents. 20.000 personnes sont attendues pour célébrer cette métamorphose, qui marquera une première étape pour Nicolas Sarkozy en vue de 2017. 20 Minutes décrypte les enjeux de ce grand rassemblement.

Changement de nom

Les 213.030 adhérents à jour de cotisation étaient invités à voter pour ou contre la mue de leur famille politique jeudi et vendredi. 83 % des votants ont choisi de suivre Nicolas Sarkozy dans sa proposition de changer le nom du parti. L’UMP est morte, vive « Les Républicains ». Maintenant que le choix est fait, ce nouveau nom devra, pour que la fête soit complète, faire l’objet pendant le congrès d’une grande célébration et d’un adoubement populaire.

Seul le faible taux de participation, moins d’un adhérent sur deux a voté, pourrait encore offrir un petit angle d’attaque pour les adversaires de Nicolas Sarkozy.

Poursuivre le rassemblement

Pour le reste, la grand-messe de samedi devrait s’inscrire dans la stratégie mise en place par Nicolas Sarkozy depuis son retour : rassembler sa famille politique. Pour ménager les égos, le patron de l’UMP la joue même collectif. Une cinquantaine d’intervenants, dont les cadres du parti, sont attendus à la tribune de 10 à 15 heures. Même Charles Pasqua, Bernadette Chirac, et Angela Merkel iront de leur petit message (en vidéo).

Au terme de neuf séquences animées par le quatuor Gérald Darmanin, Thierry Solère, Valérie Debord et Brigitte Barèges, le patron de l’UMP prendra la parole. « Nicolas Sarkozy a été attentif à entretenir de bonnes relations avec les principaux responsables de l’UMP, c’est un point positif », reconnaît Hervé Mariton. Mais le député de la Drôme prévient. « Il faut que le congrès aille au-delà du rassemblement et soit capable de dégager une énergie nouvelle et proposer des idées dès demain ».

Le triomphe de Sarkozy ?

« Ce congrès va être le point d’orgue, la date officielle de la création d’un nouveau parti promis par Nicolas Sarkozy lors de sa campagne pour la présidence de l’UMP », indiquait jeudi le directeur général de l’UMP, Frédéric Péchenard, dans une interview au Parisien. Difficile pour ses adversaires de ne pas être mangés à la sauce Sarkozy. « Dans le contexte actuel, l’enjeu sera le match entre Juppé et Sarkozy », reconnaît l’entourage d’un candidat aux primaires. « Chacun a son calendrier en tête. Si nous, nous n’avons pas la volonté de parasiter le congrès. Tous n’ont pas cette stratégie », ajoute-t-il, visant Alain Juppé.

« Il va passer à l’offensive pour marquer ses différences ». La dernière fois, le maire de Bordeaux avait reçu une salve de sifflets. Alain Juppé partira-t-il encore au combat face à 20.000 militants acquis à la cause de l’ex-président ? « On voit bien que la primaire capte toute l’attention et une énergie considérable. Le parti ne doit pas se résumer à une addition d’écuries pour le primaire », se désole Hervé Mariton. L’image ferait tâche au moment où la droite prône d’une même voix le rassemblement.