Jean-Christophe Cambadélis: Quatre choses que vous ignorez (sûrement) sur le patron du PS

POLITIQUE L'ancien bras droit de DSK a été élu premier secrétaire du parti…

Thibaut Le Gal

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Jean-Christophe Cambadélis, le 11 avril 2015.
Jean-Christophe Cambadélis, le 11 avril 2015. — NICOLAS MESSYASZ/SIPA

Jean-Christophe Cambadélis reste le premier secrétaire du Parti socialiste. Le député de Paris a été élu avec plus de 70 % des voix face au frondeur Christian Paul. « Camba » reçoit donc enfin l’onction des militants, lui qui n’avait été désigné que par le seul parlement du parti en avril 2014. 20 Minutes vous dévoile quatre anecdotes sur le nouveau patron du PS.

Un ancien trotskiste

Comme Lionel Jospin, l’un de ses mentors, Jean-Christophe Cambadélis est un ancien trotskiste. L’étudiant adhère à l’Alliance des jeunes pour le socialisme (AJS), la structure jeune de l’Organisation communiste internationaliste (OCI), en 1971. Repéré par Pierre Lambert, le patron des trotskistes lambertistes, il devient président de l’UNEF-ID de 1980 à 1984. Il y développera son art de la synthèse, et de la manœuvre, diront ses détracteurs. Deux ans plus tard, il frappe à la porte du PS. Dans ses bagages, 400 militants trotskistes. « Il faut avoir de la terre à vos semelles », lui conseille François Mitterrand. En 1988, c’est chose faite, il est élu député de Paris.

Pas un homme de réseau

Ce n’est qu’en 2014, à 62 ans, qu’il prend les rênes du parti. A plusieurs reprises pourtant, l’ex-lieutenant de Dominique Strauss-Kahn a tenté de devenir premier secrétaire. En vain. « En 1997, lorsque Jospin choisi Hollande pour s’occuper du PS, Jean-Christophe était dans l’amertume totale », précise Christophe Borgel, député PS, à Libération en 2013. En 2012, rebelote. Le parti lui échappe au profit d’Harlem Désir, soutenu par Martine Aubry et Jean-Marc Ayrault. « Si Cambadélis a un point commun avec Désir, c’est le manque d’entourage consistant. Il n’a jamais été chef de courant », écrit le quotidien. Ni ministre. « Cambadélis est un solitaire, ça lui a joué des tours », assure au Point Anne Hommel, son attaché parlementaire pendant dix ans. « Il est tellement solitaire que déléguer lui coûte […] Il fait peur parce qu’il est autonome ».

Les affaires

Jean-Christophe Cambadélis possède quelques tâches à son CV. Lui aussi traîne son lot de casseroles. En 2000, il est poursuivi pour recel d’abus de biens sociaux dans l’affaire Agos, une association de gestion de foyers pour immigrés, dirigée par un ancien cadre du FN. Malaise pour celui qui fut fondateur du Manifeste contre le Front national, à la fin des années 80. Il sera condamné à cinq mois de prison avec sursis, et 100.00 francs d’amende. En 2006, il est reconnu coupable dans l’affaire des emplois fictifs de la MNEF, (Mutuelle nationale des étudiants de France) : six mois de prison avec sursis, 20.000 euros d’amendes. Pendant dix ans, les affaires l’éloignent des premiers rôles. En septembre dernier, Mediapart l’accuse d’avoir usurpé une partie de ses diplômes. L’université en question affirmera pourtant que le doctorat avait été obtenu « de manière tout à fait régulière ».

Le « chat » retombe toujours sur ses pattes

Une anecdote et un surnom. Il a 8 ans. A l’époque, son père diamantaire, d’origine grecque, et sa mère employée de banque sont partis au Canada chercher fortune. Des camarades l’appellent par la fenêtre. Il se penche, la moustiquaire cède. Cambadélis dégringole. Trois étages plus bas, heureux hasard, une voiture. Le toit amortit la chute, pas une égratignure. Le lendemain, Jean-Christophe Cambadélis donne sa première interview à la presse canadienne. « Voyez, mon premier "papier", c’était déjà pour une chute », s’amuse-t-il en 2. 000 à Libération, au moment des affaires. Le socialiste en tirera un surnom, « le chat », celui qui retombe toujours sur ses pattes.