Jean-Marie Le Pen a eu peur d’être élu en 2002

POLITIQUE Il a confié son angoisse au magazine «Society»…

A.Ch.

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Jean-Marie Le Pen au Parlement européen de Strasbourg, le 19 mai 2015. AFP PHOTO / FREDERICK FLORIN
Jean-Marie Le Pen au Parlement européen de Strasbourg, le 19 mai 2015. AFP PHOTO / FREDERICK FLORIN — AFP

« En 2002, c’est vrai, j’ai envisagé avec une certaine angoisse qu’il y ait une déferlante populiste » : Jean-Marie ne s’en cache plus, son arrivée au second tour de l’élection présidentielle de 2002 lui a donné des sueurs froides. Dans un entretien accordé au magazine Society à paraître ce vendredi, l’ex-candidat du Front national à l’Elysée raconte sa peur d’être élu à la présidence de la République.

« Bien sûr que j’ai peur »

« Je ne suis pas spécialement un homme politique qui a la réputation d’être peureux mais je sais évaluer le danger. Quand vous vous retrouvez dans l’hypothèse d’être président de la République alors que vous n’avez pas l’appareil pour le faire, vous ne trouvez pas que ça puisse susciter légitimement une impression d’angoisse ? Si ce n’est pas le cas, c’est que vous êtes un branleur », dit Jean-Marie Le Pen.

Arrivé à un âge avancé, Jean-Marie Le Pen se laisse aller aux confidences : « Bien sûr que j’ai peur. Je fais même partie de ces gens qui, depuis des siècles, ont tellement peur qu’on vienne chez eux qu’ils ont risqué leur vie pour essayer de garder leur terrain. Moi, je m’intéresse d’abord à ceux dont j’ai la charge avant d’avoir des vues généreuses qui permettraient au monde de s’aimer tous ensemble les uns sur les autres ».

Les Africains « vont vous défoncer la gueule »

Une peur qui pourrait expliquer ses visions sur l’Afrique : « Moi, je vous garantis qu’ils [les Africains] vont se tuer les uns les autres, ils vont s’égorger, parce qu’il n’y aura pas à manger pour tout le monde. Et puis, ils vont venir ici, ils vont vouloir votre place, ils vont tout vous prendre (…) Ils vont vous défoncer la gueule ! », assène-t-il.

Diabolique, Jean-Marie Le Pen ? « Il vaut mieux être le Diable que rien du tout. Il est totalement absurde de vouloir dédiaboliser le FN, c’est comme vouloir rajeunir, c’est un vœu pieu », juge-t-il.