Réélu, Cambadélis veut rassembler une gauche qui se déchire

POLITIQUE Réélu premier secrétaire du Parti socialiste, Jean-Christophe Cambadélis veut calmer les tensions au sein de la gauche…

A.Ch.

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Jean-Christophe Cambadélis a été réélu à la tête du Parti socialiste le 28 mai 2015.
Jean-Christophe Cambadélis a été réélu à la tête du Parti socialiste le 28 mai 2015. — MARTIN BUREAU / AFP

Elu à 70 % des voix au poste de premier secrétaire du Parti socialiste, Jean-Christophe Cambadélis a du travail : dans une gauche qui se déchire, un Parti socialiste vivement critiqué par les frondeurs et des militants démobilisés, dont seulement un sur deux a participé au vote du chef du parti, le premier secrétaire veut « changer les têtes et changer dans les têtes », a-t-il déclaré vendredi dans une interview au Monde. Il a également déclaré qu’une primaire à gauche restait « une possibilité » mais que la décision ne serait prise qu’à l’automne 2016.

Confirmé dans ses fonctions de patron du PS, Jean-Christophe Cambadélis estime que le vote des militants reflète « un profond besoin de renouveau de l’offre politique et du socialisme » : « Le PS était confronté depuis plusieurs mois à une tension interne, caractérisée par ce qu’on a appelé la fronde, et une crise politique externe avec le résultat des élections locales », reconnaît-il. Sa solution : une « grande alliance populaire » pour « dépasser » le PS.

Les socialistes, des « républicains progressistes »

Le premier secrétaire du PS veut « commencer un processus de rassemblement qui débutera par l’université d’été de La Rochelle en août » : « Nous proposerons à nos partenaires de la coorganiser. Cela s’adressera aux écologistes, aux radicaux, au MRC et aux communistes, même si je ne pense pas que ces derniers acceptent. Puis nous créerons des collectifs départementaux pour poursuivre le débat », a-t-il expliqué.

Jean-Christophe Cambadélis veut construire cette « union populaire » autour de « la modernisation économique, l’écologie sociale et la protection des minorités », qualifiant les socialistes de « républicains progressistes ». « Et nous laisserons aux républicains conservateurs leur dérive à droite, qui les amène à tutoyer le FN », a-t-il lancé à l’adresse de l’UMP.