Jean-François Copé: Après une année passée dans l’ombre, le retour dans la lumière?

UMP C’était le 27 mai 2014 : Jean-François Copé était contraint à démissionner de la présidence de l’UMP en pleine affaire Bygmalion.  Qu’a-t-il fait de son année loin des caméras ?...

Fabrice Pouliquen

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L'ex-président de l'UMP Jean-François Copé à Aulnay-sous-Bois, près de Paris, le 27 mai 2014.
L'ex-président de l'UMP Jean-François Copé à Aulnay-sous-Bois, près de Paris, le 27 mai 2014. — Eric Feferberg AFP

Et si c’était lui le troisième homme du congrès fondateur du nouvel l’UMP prévu le 30 mai prochain à la Villette ? Jean-François Copé ne devrait pas y prendre la parole, mais il sera bien là, dans les travées, un an quasi-jour pour jour depuis sa démission forcée à la tête du parti sur fond d’affaire Bygmalion. « On attend beaucoup Nicolas Sarkozy et Bruno Le Maire à ce rendez-vous, mais oui, la présence de Jean-François Copé sera un moment fort de ce congrès, note un de ses proches. On parle beaucoup de lui ces dernières semaines. »

Des cours à Sciences-Po et un blog ouvert

La fin d’une traversée du désert ? « Seuls les médias utilisent cette expression, reprend ce même proche. Mais Jean-François Copé n’est pas resté inactif depuis le 27 mai. » Il s’est au moins imposé une « cure silence » depuis sa démission. « J’ai entrepris de travailler loin des caméras ce qui, pour moi, est un effort que vous ne pouvez imaginer », glissait-il avec humour le 20 mai dernier, lors du dernier débat organisé par Génération France, son micro-parti, sur le thème de la France post-Charlie.

Cette année passée dans l’ombre n’est pas sans rappeler « l’exil » au Canada d’Alain Juppé en 2005, après sa condamnation à l’inéligibilité dans l’affaire des emplois fictifs à la Mairie de Paris. Certes, Jean-François Copé, qui reste député-maire de Meaux (Seine-et-Marne), n’a pas quitté la France. Mais comme son prédécesseur à la présidence de l’UMP, il s’est fait professeur. Il a donné des cours en anglais à des étudiants de Sciences-Po Paris, de janvier à mai, « sur les enjeux juridiques, politiques et économiques d’une gouvernance mondiale ».

« Moins dans le commentaire, plus dans le débat de fond »

Comme Alain Juppé, Jean-François Copé a aussi ouvert un blog, en mars dernier, intitulé « Pour un sursaut français ». Il revient sur ces derniers déplacements en province, sur la victoire de David Cameron aux législatives en Grande-Bretagne ou même sur la dernière pique lancée à son encontre par Sophie Marceau. « Il est moins dans le commentaire politique et plus dans le travail de fond », indique Jean-Pierre Lecoq, maire UMP du 6e arrondissement.

Un constat partagé par Brigitte Küster, maire UMP du 17e arrondissement. « Cette pause imposée va le rendre plus fort. Il a pu revenir aux fondamentaux, s’entourer des personnes qui lui sont vraiment proches, prendre le temps de la réflexion. » Le blog, les ateliers thématiques et les débats de Génération France, relancés en septembre, en sont des exemples.

« Il continue aussi de réunir des parlementaires chaque mardi matin à l’Assemblée nationale pour parler de politique nationale, poursuit Brigitte Küster. Jean-François Copé est un homme d’action et de réflexion qui lance beaucoup de débats. J’ai rarement vu un tel décalage pour un homme politique entre sa caricature et l’homme qu’il est réellement. »

Un retour en force en janvier ?

Cette traversée du désert devrait durer quelques mois encore. « Ce retour sera progressif, annonce Michèle Tabarot, députée des Alpes-Maritimes, elle aussi membre des fidèles de Jean-François Copé. Il réunira ses proches à Châteaurenard le dernier week-end d'août, comme il avait l’habitude de le faire. »

Un livre est aussi annoncé en janvier 2016. Il sera le fruit de ses réflexions sur l’année écoulée. Surtout, il envisage de se présenter à la primaire de son parti en 2016 en vue des présidentielles de 2017. Sa candidature ne dépend pas que de lui, rappelle le Lab d’Europe 1. Le député-maire de Meaux reste mis en examen pour « abus de confiance » dans l’enquête sur le paiement par le parti des pénalités infligées à Nicolas Sarkozy après la présidentielle.