Thales: Macron n'a pas «alimenté de campagne» contre Proglio

ECONOMIE Il assure que le grand patron, qui a renoncé à la présidence de Thales, était en «conflit d'intérêts»...

20 Minutes avec AFP
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Le ministre de l'Economie Emmanuel Macron devant l'Elysée le 15 avril 2015.
Le ministre de l'Economie Emmanuel Macron devant l'Elysée le 15 avril 2015. — AFP

Henri Proglio, l'ex-patron d'EDF tout puissant renonce de lui-même à candidater à la présidence de Thales, accusant ce lundi le ministre de l'Economie Emmanuel Macron d'avoir fait «campagne» contre lui. Faux, a répliqué dans la foulée le ministre de l'Economie, qui a démenti une «campagne» contre l'ex-patron, assurant qu'il était situation de «conflit d'intérêts».

«J'ai du respect pour l'homme»

«Il était normal que nous demandions à Henri Proglio de choisir entre des fonctions éminentes de dirigeant même non exécutif à la tête de Thalès et des engagements réels, rémunérés auprès de grands acteurs du secteur militaire et civil, en particulier nucléaire, russe. Cela ne nous paraissait pas compatible. C'est un problème d'éthique et de conflit d'intérêts», a expliqué le ministre de l'Economie.  «Je n'ai pas alimenté de campagne, j'ai du respect pour l'homme, pour le dirigeant qu'il a été à la tête de Veolia et d'EDF», a-t-il insisté.

Le soutien de l'exécutif, mais pour qui?

Henri de Proglio «a lui-même tiré les conséquences sans que nous lui demandions de renoncer», a ajouté le ministre, en marge de la signature d'un projet de financement lié au plan européen d'investissement dit «plan Juncker» à Paris.

«Est-ce que vous pensez une seule seconde que j'ai pris la peine d'écrire à Henri Proglio pour lui faire valoir ces points (ndlr: sur l'existence de conflits d'intérêt) sur mon initiative personnelle sans que ce soit soutenu, et par le président de la République et par le Premier ministre? Ce n'est pas sérieux», a souligné Emmanuel Macron pour faire valoir le soutien du couple exécutif.

Dans une interview au Monde, Henri deProglio a annoncé dans la matinée qu'il renonçait à la présidence de Thales, assurant en avoir «assez du soupçon» et «de l'humiliation». Il a ajouté dans cet entretien avoir eu l'accord du président de la République, du Premier ministre et du ministre de la Défense.