VIDEO. #DirectPolitique: Karine Berger (PS) relance les débats sur la réforme fiscale et le travail le dimanche

POLITIQUE La députée socialiste, leader de la motion D en vue du congrès du parti était l'invitée de l'émission mardi 12 mai...

David Blanchard

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Karine Berger (députée PS des Hautes-Alpes)
Karine Berger (députée PS des Hautes-Alpes) — Linternaute.com

Karine Berger, députée PS des Hautes-Alpes, première signataire de la motion D, était ce mardi l'invitée de #DirectPolitique, l'émission politique de 20 Minutes, Linternaute.com et Ouest-France. L'occasion pour elle de livrer les grandes lignes et quelques exemples des 86 propositions de «La Fabrique».

François Hollande fête ses trois ans à l'Elysée: est-il le candidat évident du PS en 2017?

Hollande est le candidat naturel. C’est le président. A la motion D, nous soutenons sa candidature. Les primaires sont toujours dans les statuts du Parti socialiste. Nous ne demandons pas de changements. Nous pensons que pour rassembler la gauche autour de François Hollande en 2016 et 2017, il faut des primaires. Les primaires c’est la seule solution pour s’assurer que nous n’aurons pas de candidatures alternatives à gauche. Sa candidature est naturelle parce que le chômage baissera avant 2017.

Le PS se réunit en congrès début juin à Poitiers pour définir sa ligne politique dans les années à venir via les fameuses motions et pour choisir son leader. Votre motion, «La Fabrique», propose un chamboulement complet du PS en 100 jours, avec en premier lieu le remplacement de Jean-Christophe Cambadélis. Le PS, c'était mieux du temps d'Harlem Désir?

Le parti socialiste est depuis trois ans un peu "mezza vocce". Un parti dans lequel Cambadélis a bel et bien voulu poser un certain nombre de points, mais qui a du mal à se positionner comme un partenaire du gouvernement. On n’entend pas le PS comme un parti politique ayant des positions qui permettraient à notre gouvernement d’avoir des perspectives. Quelle est la position du PS sur la PMA ? Quelle était la position du PS  sur la loi renseignement ? Il n'y en avait pas. Aucune position n'avait été définie au bureau national. On a l'impression que c'est un parti qui arrive après la bataille gouvernementale, qui n'est pas devant, mais derrière C'est pour en faire un parti de gouvernement que nous avons posé la motion «La Fabrique». Cambadélis n’a pas été entendu par le gouvernement, Harlem Désir ne s’était même pas fait entendre du tout.

Vous prônez une motion de «rassemblement» pour mettre fin aux divisions inutiles du parti. Le plus pertinent pour le rassemblement n'était-il pas justement de rejoindre la motion Cambadélis?

Nous ne sommes pas la motion gouvernementale. La motion A donne une idée de ce que peut être le gouvernement fin juin 2015. On voit que beaucoup de gens sont venus pour envisager un siège au gouvernement. La motion B est une motion faite pour dire qu’ils ne sont pas d’accord. Certains, même au sein de la motion B, envisagent cette négociation après le Congrès Nous, c’est pas du tout ça. Nous, nous nous intéressons au Parti socialiste, la plateforme présidentielle, à la place des militants. Nous sommes dans un Congrès de parti. Nous ne sommes pas en train d'imaginer ce que sera le gouvernement sur le perron de Matignon fin juin. Un parti politique de soutien au gouvernement n'est pas le gouvernement.

Sur la fiscalité, votre motion propose un nouvel impôt pour remplacer l'impôt sur le revenu et la CSG, prélevé à la source, sur une assiette plus large. C'est ce que proposait François Hollande dans son programme: pourquoi cela n'a pas été réalisé?

L’objectif du début du quinquennat, c’était de réduire les déficits. Faire une réforme fiscale ça implique quand même d'avoir un petit peu de marges de manœuvre. On n’avait pas alors les coudées franches pour mener à bien cette réforme. Je suis heureuse de voir que cette proposition est dans toutes les motions en vue du congrès de Poitiers, je déduis donc qu'elle sera menée avant la fin du quinquennat. Le prélèvement à la source implique un prélèvement individualisé. La motion A, cosignée par le Premier ministre et plusieurs ministres du gouvernement, annonce cette réforme. Qu'est ce qui empêchera dès la sortie de congrès, quelle que soit la position des uns et des autres de la mettre en place? Si le gouvernement a cosigné la motion A, c'est qu'ils ont parfaitement en tête que les marges de manœuvre sont disponibles. Nous proposons, nous, de simplifier considérablement les choses en mettant toutes les formes de redistribution ans un impôt unique, distributif et plutôt familial. La motion A relève plus de la CSG progressive.

Des associations féministes ont sonné l'alerte contre le projet de loi «dialogue social» de François Rebsamen qui supprimera selon elles du code du travail les outils d'égalité professionnelle. Rebsamen est-il misogyne?

Il a été un peu trop sensible à ce que demande le Medef, ça arrive. Tout ce qui est mécanisme de régulation et de dialogue à l'intérieur de l'entreprise, tout ce qui plaide pour un certain respect de la progression professionnelle est combattu par le Medef. Je pense que dans le cas des positions du Medef, il peut y avoir une forme de misogynie.

Faut-il conserver les amendements au projet de loi Macron présentés au Sénat, où elle est actuellement discutée?

La plupart des amendements sont à abandonner pour revenir à des versions antérieures. On va en revanche avoir un vrai sujet avec la loi Macron: toutes [les motions] disent qu’il ne faut pas augmenter les possibilités de travailler le dimanche. La motion A notamment l'écrit. J'imagine qu'en 2e lecture suite au congrès de Poitiers il y aura un amendement qui permettra de revenir à la position du PS depuis toujours. J'insiste, c'est la parole de l'ensemble des militants mais aussi du gouvernement socialiste qui est engagée sur cette question. Donc suite au congrès de Poitiers, il y aura un amendement à la loi Macron pour ne pas permettre une augmentation du nombre de dimanches travaillés.