Hollande et Royal affichent leur complicité politique aux Antilles

POLITIQUE La ministre de l'Ecologie bénéficie d'une forte cote de popularité dans la région...

Anissa Boumediene
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François Hollande et Ségolène Royal aux Antilles, le 8 mai 2015.
François Hollande et Ségolène Royal aux Antilles, le 8 mai 2015. — WITT/SIPA

Pour son déplacement de cinq jours dans les Caraïbes, François Hollande n'est pas parti seul, il s'est même plutôt bien entouré. Outre le président de l'Assemblée nationale Claude Bartolone et Jean-Pierre Bel, l'ex-président du Sénat, le chef de l'Etat s'est rendu aux Antilles accompagné de quatre femmes ministres dont son ancienne compagne Ségolène Royal.

Trait d'humour et complicité

«Je suis venu avec quatre ministres femmes, quatre ministres de l'Outre-mer», a déclaré François Hollande, sourire aux lèvres, en ouverture de son discours dans l'amphithéâtre Aimé Césaire de Fort-de-France ce samedi. Le chef de l'Etat a pris soin de présenter «George Pau-Langevin, Martiniquaise par sa mère, Guadeloupéenne par son père; Christiane Taubira, Guyanaise mais surtout garde des Sceaux et Annick Girardin, élue de Saint-Pierre et Miquelon». Sans oublier «Ségolène Royal, qui m'a longtemps fait croire qu'elle était de la Martinique!», a plaisanté François Hollande, déclenchant les rires de l'assistance et de la principale intéressée.

Un clin d'oeil plein d'humour adressé à la mère de ses quatre enfants, qui a passé son enfance sur l'île antillaise et qui bénéficie dans la région d'une cote de popularité élevée. Oubliée l'ère Trierweiler, son tweet vengeur et son livre au vitriol, la mise au ban de la présidente de la région Poitou-Charentes et l'étalage des frasques du président dans la presse people. Oubliés aussi les moments où le candidat Hollande évitait de se retrouver près de son ex-compagne durant les meetings, comme à Rennes, lors de la campagne de 2012. Ségolène Royal et François Hollande ont tourné la page et affichent une complicité retrouvée, plus de trente-cinq ans après leur rencontre sur les bancs de l'ENA.

Retour gagnant

La ministre de l'Ecologie revient pourtant de loin, elle qui avait été profondément affectée par sa défaite en juin 2012 aux élections législatives face au candidat dissident Olivier Falorni. Mais il n'aura pas fallu plus de deux ans à Ségolène Royal pour faire un retour gagnant sur la scène politique. Sitôt la fin de la relation entre François Hollande et Valérie Trierweiler, l'ancienne candidate à la présidentielle de 2007 a pris ses quartiers au ministère de l'Ecologie, où elle s'est rapidement imposée comme une figure phare du gouvernement.

Venue aux Antilles pour prononcer «l'appel de Fort-de-France» lors du Sommet Caraïbe climat 2015, Ségolène Royal a savouré sa popularité restée intacte dans la région, durant ce déplacement aux allures de campagne électorale. A deux ans de la prochaine échéance présidentielle, celle que L'Obs décrit comme «la vice-présidente» de la République et dont François Hollande vante l'expérience pourrait être l'atout du président pour séduire de nouveaux électeurs en 2017.