L'UMP demande à Bartolone de quitter le perchoir de l'Assemblée

REGIONALES L'UMP francilienne a demandé vendredi au président de l'Assemblée nationale Claude Bartolone de quitter son poste puisqu'il est candidat à l'investiture PS pour les régionales, une attaque "injustifiée" ont répondu les soutiens de celui-ci...

20 Minutes avec AFP
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Claude Bartolone,le 8 mai 2015.Credit:CHAMUSSY/SIPA
Claude Bartolone,le 8 mai 2015.Credit:CHAMUSSY/SIPA — SIPA

Des soutiens de Valérie Pécresse, candidate de l'UMP aux régionales de décembre en Île-de-France, s'en sont pris vendredi au président de l'Assemblée nationale Claude Bartolone, l'appelant comme le député UMP du Val-d'Oise, Jérôme Chartier, à «choisir» entre son poste actuel et sa candidature à ces élections.

Il n'est «pas imaginable d'avoir un président partisan à la tête de l'Assemblée», juge JérômeChartier, qui est chargé du projet de Valérie Pécresse, dans un entretien au Figaro publié vendredi. «À Claude Bartolone de mettre ses actes en cohérence avec ses paroles: président de l'Assemblée ou candidat partisan, il doit choisir», estime-t-il.

«Dans une époque où tout est évalué à l'aune de la transparence » et alors que « les socialistes nous abreuvent de leçons», le député UMP appelle Claude Bartolone à démissionner de son poste, «dès le moment où il sera investi comme candidat par le PS (...) car à cet instant il deviendra partisan et il n'est pas imaginable d'avoir un président partisan à la tête de l'Assemblée».

Geoffroy Didier critique aussi

Critiquant la possibilité pour Claude Bartolone de «continuer à se servir des salons de l'Hôtel de Lassay (résidence officielle du président de l'Assemblée nationale pour recevoir ou les prêter à ses amis députés franciliens», «sans aucun contrôle», Jérôme Chartier a insisté sur la fonction du «quatrième personnage de l'État, garant de l'indépendance de l'Assemblée et de l'expression démocratique des députés».

Le député UMP a rappelé par ailleurs la démission de Laurent Fabius de son poste à la tête de l'Assemblée nationale quand il était devenu premier secrétaire du Parti socialiste en 1992, afin que «chaque député» ait «la certitude» d'être «traité en tant que tel, et pas en fonction des préférences partisanes du président de l'Assemblée».

Geoffroy Didier, l'un des deux porte-parole de Valérie Pécresse pour la campagne des régionales, a lui assuré que Claude Bartolone « (inventait) le parachute doré en politique ». «N'ayant pas été sélectionné pour l'Hôtel Matignon, Claude Bartolone pense s'être trouvé un lot de consolation en se portant candidat au débotté à la présidence de la région d'Île-de-France», tacle-t-il dans un communiqué. «Concentré sur ses privilèges personnels, Claude Bartolone n'entend pas démissionner de la présidence de l'Assemblée nationale durant les six mois de campagne. Adepte de cette vieille politique que nos concitoyens ne supportent plus, il entend pouvoir conserver ses avantages au cas où son aventure électorale ferait un flop (...). Faute de parvenir à déménager au +Palais Huchon+, il garderait à coup sûr l'Hôtel de Lassay», ajoute Geoffroy Didier.

La réplique des socialistes

Le patron des députés PS, Bruno Le Roux, et Luc Carvounas, sénateur-maire PS d'Alfortville (Val-de-Marne), ont riposté vendredi aux attaques de l'UMP. Le premier a affirmé sur twitter que Claude Bartolone n'avait «aucun moment fait preuve de la moindre partialité dans sa présidence de l'Assemblée! Mauvais débat».

Luc Carvounas a lui dénoncé dans un communiqué les «attaques injustifiées et injustifiables» de l'UMP contre le président de l'Assemblée. «Ils réclament la démission du président de l'Assemblée quand en 2010, Valérie Pécresse (ndlr: la candidate de l'UMP pour cette échéance) était restée au gouvernement pour faire sa campagne», rétorque-t-il.