Bygmalion: Franck Louvrier, l'ancien conseiller de Sarkozy, placé en garde à vue

JUSTICE La garde à vue a été levée en début de soirée...

N.Beu. avec AFP

— 

L'ancien conseiller en communication de Nicolas Sarkozy, Franck Louvrier, le 15 octobre 2012 à Paris
L'ancien conseiller en communication de Nicolas Sarkozy, Franck Louvrier, le 15 octobre 2012 à Paris — Miguel Medina AFP

L'ancien conseiller en communication de Nicolas Sarkozy, Franck Louvrier, a été placé en garde à vue jeudi matin à l'office anticorruption de la police judiciaire, dans le cadre de l'enquête Bygmalion, a déclaré une source policière, confirmant une information d'Europe 1. La garde à vue a été levée en début de soirée, sans qu'aucune poursuite ne soit engagée. «L'audition a permis d'éclairer les enquêteurs sur les rôles et les responsabilités de chacun pendant la campagne présidentielle de 2012. Aucune charge n'a été retenue contre moi après ces dix heures d'audition», a déclaré Franck Louvrier à l'AFP.

Répondant à une convocation, l'actuel conseiller régional des Pays-de-la-Loire s'était présenté à 9h et avait été placé en garde à vue, a précisé cette source. Son domicile avait déjà été perquisitionné fin janvier dans le cadre de cette enquête portant sur un vaste système présumé de fausses factures durant la campagne présidentielle de 2012. «Aucun élément susceptible d'intéresser l'enquête n'a été saisi», avait-on assuré à l'époque dans l'entourage de Franck Louvrier. Franck Louvrier a longtemps été un personnage clé dans l'entourage de l'ancien président de la République, dont il a été notamment conseiller à l'Elysée et durant la campagne de 2012.

Fausses factures

Dans cette affaire de fausses factures qui ont permis de dissimuler des dépenses de campagne de Nicolas Sarkozy lors de cette présidentielle, juges et enquêteurs cherchent à déterminer quelle connaissance les politiques avaient de la fraude. Les enquêteurs de l'office anticorruption (Oclciff), qui disposent de nombreux éléments comptables et de témoignages, ont la conviction qu'un système frauduleux a été mis en place pour que l'UMP prenne en charge environ 18,5 millions d'euros de dépenses de la campagne, auprès d'Event and Cie, filiale de Bygmalion.

Le but de la fraude était d'empêcher que ces dépenses ne soient inscrites au budget de campagne et n'explosent le plafond autorisé, qui a finalement tout de même été dépassé. Pour cela, Event and Cie a émis des fausses factures à l'UMP pour des conventions dont la plupart n'ont pas été organisées.

Les juges d'instruction ont déjà mis en examen dix personnes dans ce dossier: quatre anciens cadres de Bygmalion, dont trois ont reconnu leur participation ou leur connaissance de la fraude, trois ex-cadres de l'UMP et trois responsables de la campagne, dont son directeur Guillaume Lambert, qui nient toute implication dans un système de fausses factures. Aucun protagoniste n'a mis en cause l'ancien chef de l'Etat.