«Imposture du 11 janvier»: Valls répond point par point à Todd dans une tribune

POSITION Dans son ouvrage «Qui est Charlie», Emmanuel Todd dénonce «l'imposture du 11 janvier»…

Vincent Vantighem

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Le Premier ministre Manuel Valls le 6 mai 2015 à l'Elysée à Paris
Le Premier ministre Manuel Valls le 6 mai 2015 à l'Elysée à Paris — ALAIN JOCARD AFP

«Je réponds ici à Emmanuel Todd, mais je ne réponds pas qu’à lui…» Manuel Valls n’a pas aimé le dernier ouvrage du démographe et historien Qui est Charlie (Ed. Seuil) dans lequel il dénonce «l’imposture du 11 janvier». Le Premier ministre a donc pris la plume pour lui répondre, point par point, dans une tribune que Le Monde publie ce jeudi.

Imposture, c’est exactement le terme qu’emploie Manuel Valls pour critiquer l’ouvrage de l’historien. A commencer par celle qui fait croire que le 11 janvier était une attaque contre la religion, contre l’islam. «"Piétiner Mahomet?" A aucun moment!, rétorque le Premier ministre qui, appelant Ernest Renan, explique que la manifestation «fut un cri lancé, avec dignité, pour la tolérance et pour la laïcité, condition de cette tolérance».

«Les intellectuels qui mélangent tout»

«Il fallait entendre cette Marseillaise chantée spontanément dans tous les cortèges pour saisir cet attachement viscéral aux valeurs qui nous unissent», justifie encore le Premier ministre.

Qui s’en prend ensuite à la liberté d’expression décriée par Emmanuel Todd. Critiquant les «intellectuels qui mélangent tout», Manuel Valls rappelle, comme il l’avait déjà fait par le passé, que «la caricature de Mahomet est du côté de ceux subissant le poids des fondamentalismes».

D’autres critiqueront cet esprit

Demandant aux Français de «relever l’étendard de l’optimisme», le Premier ministre critique encore le «concept brumeux» avancé par Emmanuel Todd sur la «théorisation d’une néo-République». Mais le locataire de Matignon est lucide: «D’autres ont précédé [Emmanuel Todd] sur cette voie [de la critique], d’autres le suivront.» Avant de conclure: «la lucidité n’empêche pas l’espoir».