Écoutes validées par la justice: Les proches de Sarkozy organisent la contre-attaque

JUSTICE Les proches de Nicolas Sarkozy dénoncent un «acharnement» et une «instrumentalisation» de la justice...

L.C.
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Nicolas Sarkozy.
Nicolas Sarkozy. — Thibault Camus/AP/SIPA

L’enquête pour trafic d’influence présumé dont Nicolas Sarkozy fait l’objet va reprendre, après la validation de l’essentiel des écoutes par la cour d’appel de Paris ce jeudi. La contre-attaque de l’opposition s'organise malgré ce revers judiciaire dans le dossier qui pourrait faire obstacle à la course à la présidentielle.

S'il s'agit d'un coup dur pour 2017, Nicolas Sarkozy est «totalement serein et concentré sur la mission qui est la sienne» affirme Brice Hortefeux, à l'antenne de RTL. Le chef de l'opposition ne s'est pas exprimé, laissant son entourage le défendre en dénonçant un «acharnement judiciaire» et un danger pour les libertés.

Dénoncer l'«instrumentalisation» de la justice

Les proches de Nicolas Sarkozy font écho à la ligne de défense de Nicolas Sarkozy, axée sur la théorie du complot judiciaire.

«Nous dénonçons cette instrumentalisation détestable de la justice, au service du pouvoir, avec pour objectif de nuire au maximum à Nicolas Sarkozy», déclare à 20 Minutes la secrétaire nationale du parti Valérie Débord.

Le mot «instrumentalisation» est aussi sur la bouche de Sébastien Huyghe, qui dénonce une «justice spectacle» ayant pour volonté de «nuire à l'image de Nicolas Sarkozy et de l'empêcher de revenir au premier plan de la vie politique». Pour le député du Nord, il ne fait aucun doute que cet acharnement judiciaire est «orchestré par le pouvoir». Il rappelle que la garde des sceaux Christiane Taubira s'était défendue, à tort, d'avoir été avertie de l'existence des écoutes téléphoniques.

Jouer la sérénité 

Pour accréditer cette théorie, l'entourage de Nicolas Sarkozy martèle que l'ancien président a bénéficié d'ordonnances de non-lieu dans d'autres dossiers.

«Il bénéficie, comme tous les citoyens, de la présomption d’innocence. Malgré cette validation des écoutes par la cour d'appel de Paris, il va se défendre, faire valoir sa bonne foi, et il sera innocenté, comme dans l'affaire Bettencourt», martèle Sébastien Huyghe. 

«Nous restons parfaitement sereins car un pourvoi en cassation a été déposé», renchérit, confiante, Valérie Debord. 

Nadine Morano, fidèle d’entre les fidèles, rappelle sur Twitter que le chef de l'opposition «n'a jamais été condamné», malgré «une meute à ses trousses qui s'acharne à le faire trébucher».

.@NicolasSarkozy a depuis longtemps une meute à ses trousses qui s'acharne à le faire trébucher, rappelons qu'il n'a jamais été condamné...
— Nadine Morano (@nadine__morano) May 7, 2015

 

Défendre les libertés fondamentales

L'argument de la défense des libertés fondamentales revient souvent dans les réactions des députés UMP - paradoxal alors que Nicolas Sarkozy a appelé les députés UMP à voter pour la loi sur le renseignement.

Ainsi, le député Daniel Fasquelle, interrogé sur BFMTV, «souhaite que la cour de cassation remette en cause ces écoutes, ce sera une façon de protéger l'ensemble des citoyens français». Il dénonce  «une vraie menace pour les libertés publiques».

Le député de Paris Claude Goasguen s'est aussi inquiété à l'antenne d'Europe 1, affirmant que «valider des écoutes est un acte fort, presque politique, c'est très grave pour les magistrats».

« Le droit de la défense ne pourra plus s'exprimer si les avocats sont sur écoute » @ClaudeGoasguen - #E1midi pic.twitter.com/OfjR6igaIT
— Europe 1 (@Europe1) May 7, 2015

 

L'UMP semble unie derrière Nicolas Sarkozy. Les partisans de Bruno Le Maire, comme le député Thierry Solère, dénonce aussi la pratique des écoutes: «En gros, on va pouvoir demain en France écouter les conversations entre un avocat et son client. Ca ne me paraît pas de bonnes méthodes», cite RFI

Maintenir le cap sur 2017 

Visiblement, la consigne à l'UMP est de ne pas se laisser perturber par cette décision de justice qui survient alors que le parti opère une reconversion en vue des prochaines échéances électorales. 

«Les Français ne sont pas dupes et nous continuons notre travail avec Nicolas Sarkozy pour notre mouvement et pour l’élection présidentielle de 2017», affirme Valérie Debord.

«Nous sentons une impulsion de la part de nos sympathisants mais aussi de l'opinion en vue d'une alternance du pouvoir en 2017», remarque Sébastien Huygue. «Rien ni personne ne pourra empêcher ce mouvement et notre nouvelle formation, Les Républicains, d'émerger. Ceux qui tentent de l’arrêter en seront pour leur frais», prévient le député.

Même détermination chez Claude Goasguen: «Notre parti en 2017 existera quand même et sera fort», a-t-il affirmé sur Europe 1.