Jean-Paul Huchon et Claude Bartolone le 13 juillet 2012.
Jean-Paul Huchon et Claude Bartolone le 13 juillet 2012. — K. TRIBOUILLARD

POLITIQUE

Régionales: Comment le PS torpille ses primaires en Ile-de-France

En coulisse, l'exécutif s'active pour tenter de trouver un candidat en situation de conserver la région à gauche, à 18 mois de la présidentielle...

Les grandes manœuvres étaient lancées depuis quelques semaines en coulisses: le gouvernement s’alarme d’un éventuel basculement de l’Ile-de-France aux prochaines régionales depuis quelques semaines. Depuis la claque des départementales qui ont vu deux départements basculer à droite, la Seine-et-Marne et l’emblématique Essonne. Depuis, surtout, la publication d’un sondage qui donne Jean-Paul Huchon, l’actuel président de région qui souhaite briguer un quatrième mandat, largement battu par l’UMP Valérie Pécresse. 

Région cruciale pour l'exécutif

Il y a une dizaine de jours, c’est l’hypothèse Bartolone, poussée fortement par l'Elysée et Matignon qui avait fuité, avant d’être démentie par l’entourage du principal intéressé qui préfère se consacrer au Perchoir. Le nom de Benoît Hamon, élu à Trappes, avait alors surgi, toujours lancé en hauts lieux, pour mener la bataille, l’exécutif jugeant que Marie-Pierre de la Gontrie, la challenger déclarée à la primaire à Jean-Paul Huchon n’avait pas la carrure pour éliminer l’UMP. Car si François Hollande et Manuel Valls regardent de près l'Ile-de-France, c'est qu'ils savent que les régionales seront catastrophiques mais qu'une défaite en Ile-de-France serait du plus mauvais effet, politiquement, médiatiquement et symboliquement, à 18 mois de la présidentielle.

Au final, mercredi, c’est Claude Bartolone qui s’est déclaré, tout en laissant entendre qu’il n’était pas à l’initiative de cette candidature. «Si ma candidature peut permettre le rassemblement, je la déposerai», a affirmé le président de l’Assemblée nationale, élu de Seine-Saint-Denis. «Cette candidature, elle n'a de sens que si elle peut permettre le rassemblement. Aujourd'hui j'ai constaté chez les militants socialistes que la multiplicité des candidatures les perturbait. Ils se disaient que ce n'est pas le meilleur moyen d'entrer en campagne», a-t-il ajouté.

Je suis à la disposition des socialistes, de la gauche et des écologistes pour mener le combat en Ile-de-France.

Posted by Claude Bartolone on mercredi 6 mai 2015

 

 

Une déclaration immédiatement applaudie par Benoit Hamon, qui s’est rallié à Claude Bartolone, qui a obtenu ce jeudi matin, comme les caciques socialistes l’espéraient, le soutien de Marie-Pierre de la Gontrie, vice-présidente de la région IdF, puis celui de la maire de Paris, Anne Hidalgo.

Une dynamique mise en scène

Deux ralliements en quelques heures… Une dynamique mise en scène, mais suffisante pour certains pour vouloir faire disparaître les primaires prévues par les statuts, mais dangereuses politiquement car porteuses de divisions. «J'appelle tous les socialistes, sans exception, à faire comme Marie-Pierre de la Gontrie dès aujourd'hui, à nous rassembler, et permettre ainsi de démarrer notre campagne francilienne sans attendre le 28 mai et les primaires qui ne me semblent plus d'actualité», explique ainsi Luc Carvounas, maire d'Alfortville, patron de la fédération PS du Val-de-Marne et surtout lieutenant de Manuel Valls.

Mais ceux qui pariaient sur le ralliement de Jean-Paul Huchon à la candidature de Claude Bartolone en sont pour l’instant pour leurs frais. Comme le prouvent ces réponses apportées par le président PS de la région ce jeudi en marge d’une conférence de presse sur les JO :

Une manière, peut-être, de monnayer son retrait. Les candidats ont jusqu’à ce jeudi soir pour déposer leurs candidatures.