Trois ans de Hollande à l’Élysée: Quatre défis à relever avant la bataille présidentielle de 2017

BILAN C'est aujourd'hui le troisième anniversaire de la victoire de François Hollande à la présidence de la République...

Thibaut Le Gal

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François Hollande en mai 2015.
François Hollande en mai 2015. — BOHAC YANN/SIPA

Le 6 mai 2012, François Hollande remportait l’élection présidentielle face à Nicolas Sarkozy. Trois ans plus tard, le chef de l’Etat est au plus bas dans les sondages. «Les dernières minutes» du quinquennat seront «de la même intensité» que les «premières semaines prévenait-il récemment sur Canal+ «Je ne veux rien lâcher». 20 Minutes a sélectionné quatre défis que François Hollande devra relever pour réussir son mandat.

Inverser la courbe du chômage

Il le martèle depuis des mois: le chômage est la priorité. «Je me battrai pendant les deux années qui me restent pour atteindre l'objectif que j'ai fixé, la baisse du chômage». Le chômage atteignait en mars un triste record avec 3.51 millions de demandeurs d’emploi sans activité en métropole (3,77 millions avec l’Outre-mer). Depuis son arrivée à l’Elysée, la France compte 600.000 chômeurs de plus. François Hollande sait que sa candidature et son éventuelle réélection sont liées à l’inversion de cette courbe.

Mais le chef de l’Etat pourrait profiter de facteurs extérieurs. La baisse de l’Euro et des prix du pétrole devraient donner plus de pouvoir d’achat aux Français, pousser à la consommation et relancer la machine. Premier signe positif: la confiance des ménages est au plus haut depuis cinq ans, selon l’Insee. L’investissement pourrait aussi repartir: les chefs d'entreprise de l'industrie manufacturière anticipent ce mercredi une hausse de 7% de leur investissement en 2015.

Réussir la conférence sur le climat

Ce doit être «le grand événement diplomatique du quinquennat». La France accueillera, du 30 novembre au 13 décembre prochain, la conférence mondiale de Paris sur le climat. Avec près de 40.000 participants et plusieurs dizaines de chefs d’Etat, elle sera l’un des plus grands événements internationaux organisés sur le territoire français.

«À un moment, il faut aussi laisser sa trace et la trace que nous allons laisser tous ensemble, c'est un accord historique sur le climat», espère François Hollande. Mais il sait aussi qu'arracher un accord global et contraignant sur la réduction des émissions de gaz à effet de serre ne sera pas facile. «Chacun pense que ce sera une réunion où nous trouverons facilement un accord. Je ne le pense pas, plus j'avance plus je regarde les obstacles», reconnaissait-il en avril.

Rassembler son camp

Au fil des mois, les soutiens à François Hollande s’éparpillent, façon puzzle. Les frondeurs et les Verts ne manquent pas d’égratigner la politique gouvernementale. Dans les urnes, la gauche sort lessivée après une série de défaites aux élections municipales, européennes, sénatoriales et départementales. Le président de la République doit rassembler, alors que les régionales de décembre, dernier test avant la présidentielle de 2017, s'annoncent périlleuses.

«Ce ne sera pas facile, il faudra de la fermeté, de la pédagogie, ne pas refuser le point de vue des frondeurs», s’inquiète un proche du président. Ce dernier pourrait faire entrer de nouvelles têtes au gouvernement pour amorcer la dynamique d’unification. «Un frondeur, un écolo, un aubryste», résume ce proche. Reste à connaître l’état du PS à l’issue du Congrès de Poitiers en juin prochain.

Incarner le rempart républicain

François Hollande a connu un regain de popularité après les attaques terroristes du début d’année. Si l’état de grâce est vite retombé, ses partisans l’assurent: une nouvelle victoire s'appuiera sur «l’esprit du 11 janvier». «Il représente l’équilibre et la modération à l’intérieur et une forme de sérénité et de crédibilité sur la scène internationale», explique à 20 Minutes son entourage. «S’il veut gagner en 2017, le président devra se poser en rempart républicain». Pour rassurer les Français face aux menaces terroristes, mais aussi pour contrer la montée du Front National, dont la présence au second tour est aujourd'hui annoncée.