UMP: «Le nom "Les Républicains" est un moyen de se placer au-dessus de la mêlée»

INTERVIEW Le bureau politique de l’UMP a adopté ce soir le nouveau nom de sa formation...

Coline Clavaud-Mégevand

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Le nouveau logo des Républicains.
Le nouveau logo des Républicains. — Capture d'écran Twitter / BFM TV

Changer de nom, un défi pour une formation politique. Le choix de l'UMP, qui vient de faire adopter «Les Républicains» par son bureau politique avant la consultation des adhérents fin mai, est-il pertinent? Réponse de Thomas Guénolé, politologue et auteur du Petit guide du mensonge en politique (First).

UDR, RPR, UMP… Le changement de nom est-il la marque de la droite française ?

La droite est imprégnée par la tradition du césarisme: celle de l’homme fort à la tête d’un groupe politique. Chirac a changé le nom du parti, Nicolas Sarkozy fait aujourd'hui de même. Mais au-delà du fait qu’il s’inscrit dans un héritage, c’est surtout pour lui une stratégie marketing. Quand une marque à des problèmes, elle change de nom: de la même façon que le Crédit Lyonnais est devenu LCL et TotalFinaElf, Total, l’UMP veut se changer en «Les Républicains». Enfin, c’est le moyen de se placer au-dessus de la mêlée de façon assez primale. Le chef ne boxe pas dans la même catégorie que les autres, et c’est lui qui donne le nom.

Qu’est-ce qui a inspiré Nicolas Sarkozy? 

L’élément le plus marquant est peut-être sa fascination pour la vie politique américaine. Il a par le passé comparé Cécilia puis Carla à Jacky Kennedy, a repris des mises en scène observées lors de conventions américaines, a tenté de mettre en place un porte-parole de l’Elysée sur le modèle de celui de la Maison Blanche… Le terme de «Républicains» fait fortement écho à cela. Il s’approprie aussi le qualificatif de «républicain» de façon habile. Celui-ci sera répété dans les médias de telle manière qu’on risque d’entendre d’ici peu l’expression d’«opposition républicaine»…

Malgré les critiques, ce choix de titre est donc judicieux? 

On peut que Nicolas Sarkozy reste encore sur la blessure narcissique de la défaite de 2012. Il a du mal a intégrer que, depuis, des changements profonds sont survenus et que le choix du terme «Républicains» est une forme de hold-up. C’est surtout un coup très bien calculé: ce nom va produire des éléments de langages puissants. Comme bonus, il va aussi permettre au parti de tuer la formule du Front national qui qualifie la droite et la gauche d’«UMPS». Et tout ça sans parler de la stratégie pour faire adopter «Les Républicains», rondement menée par le chef du parti…