Les Républicains: Pourquoi le changement de nom coince à l'UMP?

UMP Ce mardi 5, le bureau politique de l’UMP a fait adopter le nouveau nom du parti de la droite majoritaire, qui pourtant ne fait pas l'unanimité...

Coline Clavaud-Mégevand

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Meeting de l'UMP à Nice le 22 avril 2015.
Meeting de l'UMP à Nice le 22 avril 2015. — JEAN-CHRISTOPHE MAGNENET / AFP

Exit l’UMP, bonjour «Les Républicains»? Si le bureau politique de l’UMP vient d'adopter ce soir les statuts et le titre de la future formation, Nicolas Sarkozy doit maintenant convaincre les adhérents qui s’exprimeront sur le sujet fin mai.

Changer de nom, pourquoi?

Treize ans après la création de l’Union pour un Mouvement Populaire (UMP), son chef a fait adopter le titre qu’il a choisi pour le parti. «C’était une décision nécessaire et une façon de tourner la page de la guerre des chefs, des clans, des affaires», déclare sa vice-présidente Nathalie Kosciusko-Morizet. Pour le Président de la société Conseils, Analyses et Perspectives et professeur à Sciences Po Stéphane Rozès, c’est aussi une manière pour Sarkozy «d’injecter de la cohérence» dans un parcours politique marqué par l’adhésion à des lignes opposées, du gaullisme social d’Henri Guaino à la ligne droitière de Patrick Buisson. Autre objectif selon le politologue Thomas Guénolé,  inscrire un changement dans l’offre politique»: la création de l’UMP marquait la fusion entre l’UDF et le RPR, Sarkozy cherche ici à créer une nouvelle formation qui rassemblerait de la droite jusqu’au centre. Des arguments qui peinent néanmoins à convaincre certains.

Ceux qui sont pour, ceux qui sont contre.

Le clan des Fillonistes a notamment manifesté des réticences, le bras droit de l’ex-premier ministre Gilles Boyer lançant l’offensive sur Twitter le 18 avril.

 

Tweet de Gilles Boyer, proche de François Fillon. - Capture d'écran Twitter.

 

Un reproche d’appropriation entendu également dans l’opposition, mais rapidement tué dans l’œuf par Alain Juppé lui-même: il n’aurait en définitive pas «d'objection», ajoutant que « les militants décideront ».
Les militants, justement, seront-ils convaincus ? La garde rapprochée de Nicolas Sarkozy exprime des doutes, d’autant qu’un sondage sème le trouble.

Selon l’institut Odoxa pour iTÉLÉ, les sympathisants seraient à 56% plus satisfaits du nom UMP, 53% trouvant la nouvelle proposition «trop américaine» et 36% «trop consensuelle». Des critiques que n’entend pas Franck Allisio, Président des Jeunes Actifs UMP: «Autour de moi, ce changement ne tire pas de larmes. Les trentenaires qui sont entrés à l’UMP de Sarkozy le suivront encore dans cette nouvelle étape». Pour Hervé Noveli, secrétaire adjoint du parti, «le moment difficile a été la naissance de l'UMP, qui a vu se fondre en un seul parti des sensibilités différentes». Nathalie Kosciusko-Morizet comprend de son côté l'attachement «de ceux qui ont soutenu le parti parfois dans des périodes d'adversité». L’échec serait-il alors possible lors du vote organisé par voix électronique les 28 et 29 mai prochain? 

Le chef de l'UMP à Nice en avril dernier. - JEAN-CHRISTOPHE MAGNENET / AFP

 

Ça passe ou ça casse ?

Nathalie Kosciusko-Morizet refuse de se perdre en conjectures, préférant se focaliser sur «le travail de persuasion sur le terrain». Nicolas Sarkozy ne laisse lui non plus rien au hasard et sa présentation du nouveau logo ce mardi soir apparaît comme une technique habile pour «vendre» le titre.

Pour Stéphane Rozès, le chef de l’UMP «coupe l’herbe sous le pied de ses opposants et instaure dès à présent un paysage visuel et une dénomination qui pourtant ne sont pas encore actés». Quant à la consultation fin mai, Thomas Guénolé y voit un moyen de présenter tout scénario en sa faveur: «Si ça passe, Sarkozy et les siens communiqueront sur un succès personnel. Si non, ils expliqueront qu'on assiste à une victoire pour la démocratie militante».

 

Le nouveau logo des Républicains. - Capture d'écran Twitter / BFM TV

 

Franck Allisio, confiant quant à l'adoption du nom par la base, insiste néanmoins sur le fait qu'il ne devra pas être une mesure cosmétique.  Nous attendons ensuite des effets sur le terrain: la montée d’équipes plus jeunes, plus diversifiées et un changement des pratiques». Nul doute que cet appel sera renouvelé le 30 mai, lors du congrès du parti