Bruno Gollnisch: «Je crains qu’il n’y ait plus d’espoir de réconciliation au FN»

ENTRETIEN L’eurodéputé réagit à la suspension de Jean-Marie Le Pen et aux conséquences politiques…

Propos recueillis par Vincent Vantighem

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Jean-Marie Le Pen et Bruno Gollnisch.
Jean-Marie Le Pen et Bruno Gollnisch. — SIPA

Il est déjà reparti pour Bruxelles pour faire son métier d’eurodéputé. «Comme le balayeur balaie et le maçon dresse des murs». Mais Bruno Gollnisch, historique du Front national, a tout de même encore la tête à Nanterre (Hauts-de-Seine) où le bureau exécutif du Front national a suspendu, lundi, Jean-Marie Le Pen. Il réagit pour 20 Minutes aux conséquences politiques…

Y a-t-il un risque d’explosion du parti selon vous?

Il y a surtout le risque de voir un immense découragement s’abattre sur les militants historiques, ceux qui ont traversé toutes les épreuves du Front national depuis son origine. La force de ce parti, c’était son unité. Des affaires comme cela sont très graves.

Sa suspension n’a pas été votée à l’unanimité…

Je ne fais plus partie du bureau exécutif. Je sais ce qui s’y est passé. Mais je ne veux pas révéler le contenu des décisions internes. Vous savez que j’ai préconisé la réconciliation. Vraisemblablement, je n’ai pas été entendu.

Vous demandez «une clarification» de la ligne du parti. Pourquoi?

Parce que Jean-Marie Le Pen a été sanctionné pour avoir donné une interview à un journal confidentiel dans laquelle il répète ce qu’il avait déjà dit avant. Et on nous dit que cela est contraire aux valeurs du parti. Je me demande ce qui a changé. Je me demande donc si la ligne du parti a changé. Pour l’instant, je n’ai pas de réponse. Cela pourrait être l’occasion d’un congrès pour réfléchir à cette question.

Ne trouvez-vous pas la réaction de Jean-Marie Le Pen disproportionnée?

Quand on ouvre la boîte de Pandore… Mais je ne suis pas là pour arbitrer, pour compter les bons ou les mauvais points.

Qu’allez-vous faire?

Je ne sais pas encore. Voyez-vous, je relis Le roi Lear de Shakespeare. L’histoire d’un roi qui cède son royaume à ses filles. Sauf qu’à la fin le royaume est ravagé. Je crains qu’il n’y a plus d’espoir de réconciliation.