Pierre Laurent demande «des excuses publiques» à Hollande après sa comparaison entre Marine Le Pen et le PCF

REACTION Le numéro un communiste Pierre Laurent est furieux après la petite phrase du chef de l'Etat, dimanche...

20 Minutes avec AFP

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Pierre Laurent (au centre), numéro 1 du PCF, le 2 mars 2015 à Paris.
Pierre Laurent (au centre), numéro 1 du PCF, le 2 mars 2015 à Paris. — NICOLAS MESSYASZ/SIPA

Le numéro un communiste Pierre Laurent a demandé lundi « des excuses publiques » à François Hollande qui avait assuré la veille que Marine Le Pen parlait « comme un tract du Parti communiste des années 1970 ».

« Je suis scandalisé », a déclaré sur France 2 le secrétaire national du PCF. « J'ai demandé au président de la République des excuses publiques pour cette phrase » qui est « lamentable », a ajouté le sénateur.

La présidente du Front national « Madame Le Pen parle comme un tract du Parti communiste des années 1970 (...) sauf que le Parti communiste, il ne demandait pas qu'on chasse les étrangers, qu'on fasse la chasse aux pauvres », a déclaré le chef de l'État dimanche, lors de l'émission « Le Supplément » sur Canal+.

Phrase d'une «totale bassesse» 

Une comparaison qui a suscité l'indignation au PCF mais aussi au Parti de Gauche, son partenaire au sein du Front de Gauche. Jean-Luc Mélenchon a ainsi pilonné une phrase d'une « totale bassesse et indigence » indigne « d'un président élu aussi par les communistes ».

« C'est la seule chose que le président de la République a trouvé à répondre à des électeurs qui lui disaient leur désarroi dans un reportage qui dénonçait ses trahisons par rapport à ses promesses de 2012! », a déploré Pierre Laurent.

« Je rappelle au président de la République que dans les années 70 dont il parle, la gauche à l'époque avait un programme, un programme de gauche et même commun entre communistes et socialistes qui a d'ailleurs permis la victoire de 1981 de la gauche de l'époque », a martelé le numéro un communiste.

«Aveu» de François Hollande

Pour le sénateur de Paris, « la gauche à l'époque n'hésitait pas à dire des choses auxquelles le président de la République a totalement renoncé ».

Le secrétaire national y voit « un aveu » de François Hollande qui « a décidé de tourner le dos à ses électeurs plutôt que de répondre à leurs urgences sociales ». « Nous, nous n'avons pas renoncé », « le Parti communistes des années 70 comme des années 2000, lui, il continue le combat contre la finance », même si « nous avons changé beaucoup de choses » depuis ce temps.

Il a souligné que l'eurocommunisme voulait alors « construire une Europe de la solidarité et pas l'Europe de la finance qu'on s'apprêtait à construire. Qui avait raison, les communistes ou ceux qui se sont engouffrés dans l'Europe qu'on connaît aujourd'hui ? ». Idem pour la défense par les communistes d'un maintien des emplois industriels en France. « Qui avait raison ? »

« Il y a des choses de cette époque-là que je revendique totalement et il y en a d'autres que nous avons changé bien sûr parce que le monde a changé », a-t-il encore fait valoir.