L’UMP se dote des statuts du nouveau parti baptisé «Les Républicains»

POLITIQUE Le parti présidé Nicolas Sarkozy va bientôt changer de nom...

Anne-Laëtitia Béraud

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Nathalie Kosciusko-Morizet, Nicolas Sarkozy et Laurent Wauquiez de l'UMP, le 8 avril 2015 au siège de l'UMP.
Nathalie Kosciusko-Morizet, Nicolas Sarkozy et Laurent Wauquiez de l'UMP, le 8 avril 2015 au siège de l'UMP. — WITT/SIPA

«Les Républicains», acte I. Le bureau politique du parti débat ce mardi après-midi des statuts de la formation visant à remplacer l’UMP. Ce sera ainsi «Les Républicains», l’option «Le Rassemblement» ayant été écartée. En attendant la conférence de presse du numéro 2 du parti Nathalie Kosciusko-Morizet ce mardi vers 18h, voici les principales infos sur la formation politique:

Retour vers la base militante

Le parti sera basé sur le triptyque «décentralisation, démocratisation, modernisation», a affirmé mercredi à l’AFP Nathalie Kosciusko-Morizet. L’UMP veut ainsi faire passer le nombre de ses adhérents de 212.000 à 500.000. Et pour les attirer, le parti souhaite mettre en place plus de démocratie interne. Ainsi, l'élection des présidents de fédération départementale, qui se tiendra en septembre, évolue: Jusqu'alors désigné par le comité départemental de l'UMP, le président de fédération sera désormais élu au suffrage direct des militants.

>> Quand les internautes de 20 Minutes choisissent le nouveau nom de l'UMP

Ces adhérents pourront d’ailleurs être des «e-militants», des compagnons de route internautes qui ne souhaitent pas mettre les mains dans le cambouis du parti. Selon la vice-présidente de l’UMP citée par le Figaro, ces adhérents paieront moins cher leur cotisation, «parce qu'ils coûteront moins cher que les adhérents traditionnels». Ces «e-militants» pourront d’ailleurs être utilisés comme fer de lance du parti sur les réseaux sociaux.

La fin des courants pour restreindre les voix discordantes

Les courants au sein de l’UMP, c’est fini. Ces mouvements créés en 2012 sont accusés depuis des mois par Nicolas Sarkozy de créer des divisions. Les statuts des «Républicains» vont ainsi faire table rase de la «Droite sociale» de Laurent Wauquiez, ou encore de la «Droite forte» des jeunes sarkozystes. Place ainsi à un mouvement ordonné et au seul service de son président Nicolas Sarkozy. Ce qui fait croire, chez les rivaux du président de l’UMP, que l’ex-chef d’Etat modèle le parti pour en faire une machine de guerre en vue de la primaire à droite et au centre de 2016. Cette élection interne désignera le champion UMP-UDI à la présidentielle de 2017.

>> Qui est derrière les courants de l'UMP?

Un nom de parti positif et en opposition au FN

Avec «les Républicains», Nicolas Sarkozy impose un terme positif, collectif, en opposition avec le Front national. En effet, avec ce nouveau nom, disparaît l’acronyme cher aux frontistes de l’«UMPS», soit l’alliance supposée entre l’UMP et le PS. Par ailleurs, avec «Les Républicains», Nicolas Sarkozy souhaite s’approprier les valeurs liées de ce terme, alors que le parti présidé par Marine Le Pen est souvent accusé de n’être pas républicain. Un FN qui s'amuse déjà, selon Le Monde, à détourner les «Républicains» en «Ripoublicains».

Insolite: La formation politique ne sera officiellement lancée que le 30 mai à la Grande Halle de la Villette à Paris. Une page Wikipédia dédiée au nouveau parti a d’ailleurs été supprimée le 12 avril par l’un des administrateurs de la bibliothèque en ligne. Le motif invoqué? «Création prématurée».