Loi sur le renseignement: Le gouvernement enchaîne les erreurs de communication

POLITIQUE Plusieurs interventions des services gouvernementaux sont raillées sur Twitter…

Anne-Laëtitia Béraud

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Manuel Valls, Premier ministre, le 19 mars 2015 à Paris.
Manuel Valls, Premier ministre, le 19 mars 2015 à Paris. — Philippe Wojazer/AP/SIPA

Le projet de loi sur le renseignement crée de grandes inquiétudes. Et dans ce climat de suspicion, la communication des services de l’Etat se fait épingler, accusée de bourde ou de propagande.

Première erreur. Lundi soir à l’Assemblée nationale, la ministre de la Justice Christiane Taubira est intervenue devant les députés. Son discours n’a pas été retranscrit sur Twitter par le ministère de la Justice. Seule une phrase -soit 140 caractères- a été publiée rapidement sur le réseau social. Et cette dernière semble s’opposer au texte gouvernemental, a repéré Numerama lundi: «Il est évident que les techniques de recueil sont susceptibles de porter atteinte à la vie privée», rapporte ainsi le compte du ministère de la Justice dans un message rapidement effacé.

Capture écran Twitter Guillaume Champeau @gchampeau le 13 avril 2015.
 

Ce message, qui ne traduit pas le sens du discours de la ministre dans l’hémicycle, pose question alors que Christiane Taubira est suspectée, en privé, de s’opposer au texte sur le gouvernement. Comme le rapporte le Canard Enchaîné le 8 avril, la garde des Sceaux aurait expliqué aux anciens ministres Aurélie Filippetti et Arnaud Montebourg que ce projet de loi «est aux antipodes de [s]es idées». 

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Alors que ce projet de loi fait l’objet d’une pétition en ligne [plus de 58.000 signatures], le gouvernement a dégainé dans la même journée un document intitulé «Le Vrai/Faux du Gouvernement sur le #PJLRenseignement». Celui-ci vise à rappeler les grands principes de ce texte et éteindre les rumeurs... Ce qui n’a pas manqué de provoquer des sarcasmes sur Twitter, le gouvernement étant accusé de propagande.


C’est dans cette atmosphère délétère que le Premier ministre a assuré, lundi, que ce projet de loi sur le renseignement «n'installe en aucune manière un appareil de surveillance policière de la population», dénonçant «faux procès» et «caricatures». «Le principe de ciblage de toute surveillance sur des personnes menaçantes demeurera», a affirmé Manuel Valls face à ceux qui dénoncent le passage à «une surveillance de masse».