FN: Entre Marion Maréchal-Le Pen et Bruno Gollnisch, le cœur de Jean-Marie Le Pen balance

POLITIQUE L’ex-président du FN a désigné son héritière en Paca, mais souhaiterait que son ami Bruno Gollnisch «dirige» en cas de victoire cette région...

A.-L.B.

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Marion Maréchal-Le Pen et Jean-Marie Le Pen, le 29 mars 2015 à Carpentras.
Marion Maréchal-Le Pen et Jean-Marie Le Pen, le 29 mars 2015 à Carpentras. — Alain Robert/Apercu/SIPA

Renonçant à être candidat aux élections régionales en Provence-Alpes-Côte-d'Azur, Jean-Marie Le Pen, en conflit avec la direction du Front national, désigne sa petite-fille Marion Maréchal-Le Pen comme son successeur dans le sud.

Le président d’honneur du FN, mis au ban du parti d’extrême droite après ses propos dans Rivarol, ne voit «que Marion» en Paca, a-t-il dit au JDD. Dans un communiqué publié lundi, le frontiste appelle tous les cadres à soutenir la candidature de sa petite-fille, «dans l'intérêt supérieur la France».

Mais si Jean-Marie Le Pen soutient ouvertement sa petite-fille, il n’en oublie pas son vieil ami Bruno Gollnisch, lui aussi candidat à l’investiture FN en Paca. Ainsi, l’ex-président estime lundi sur BFMTV que Marion Maréchal-Le Pen doit «conduire la liste» en Paca car elle est «la plus populaire». Avant d’ajouter: «Pour diriger la région, je pencherais plutôt pour Bruno Gollnisch» car l’eurodéputé de la grande région sud-est est «le plus qualifié».

Ticket rejeté par la candidate

Un ticket repoussé par Marion Maréchal-Le Pen: «Si je ne suis pas complètement fermée à l'idée d'un ticket (...), en revanche, je n'accepterai pas d'en faire un avec Bruno Gollnisch», déclare-elle lundi au Figaro. «Qu'on le veuille ou non, en termes d'image, [Bruno Gollnisch] incarne le Front d'une certaine époque, qui me semble un peu révolue. Du fait de mon jeune âge, j'espère incarner la génération qui vient et le renouveau», attaque la benjamine de l'Assemblée nationale.

«En annonçant ce ticket, Jean-Marie Le Pen veut allier la jeunesse et l’expérience, l'image moderne de Marion Maréchal-Le Pen à l’aile dure du FN incarnée par Bruno Gollnisch», estime Eddy Fougier, chercheur associé à l'Institut de relations internationales et stratégiques (Iris). «Cela pourrait faire passer la pilule aux militants du sud attachés à sa figure», ajoute le politologue.

«Faire passer la pilule»

Une «pilule» d’autant plus nécessaire que les divisions et les scandales entachent le parti, estime le politologue. «Entre les disputes, la mise en examen de proches de Marine Le Pen comme Frédéric Chatillon et Nicolas Crochet, les dérapages de candidats FN aux départementales, le climat au FN est loin d'être apaisé», ajoute Eddy Fougier.

Qui deviendra le successeur de Jean-Marie Le Pen dans le sud? Les candidatures de Marion Maréchal-Le Pen et Bruno Gollnisch seront départagées vendredi, lors d’un bureau politique du FN dédié à ce sujet. Ce dernier pourrait également acter, dans la nouvelle région Nord/Pas-de-Calais-Picardie, la candidature de Marine Le Pen. Elle pourrait alors affronter l'UMP Xavier Bertrand.

Cette crise en passe d’être réglée, reste la prochaine convocation de Jean-Marie Le Pen devant une instance disciplinaire. Le vice-président du FN Florian Philippot, très critique envers le président d’honneur du FN depuis la crise, a confirmé lundi matin: «C'est une procédure parallèle qui n'a rien à voir». Parmi les sanctions possibles, figure l’exclusion du co-fondateur du FN.