Culture: Fleur Pellerin se paye Sarkozy et son «héritage désastreux»

POLITIQUE Le président de l'UMP attaquait dans une interview au «JDD» le «manque de considération» du gouvernement actuel pour la culture...

20 Minutes avec AFP

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Fleur Pellerin à Paris le 9 avril 2015.
Fleur Pellerin à Paris le 9 avril 2015. — NICOLAS MESSYASZ/SIPA

La contre-attaque est cinglante. Fleur Pellerin a fustigé dimanche l'«héritage désastreux» de Nicolas Sarkozy en matière de culture, avec notamment «un audiovisuel public à la dérive», en réponse aux propos de l'ex-chef de l'État sur le «manque de considération» du gouvernement pour «le monde de la culture».

«Son mandat s'est soldé par un héritage désastreux, fait de chantiers pharaoniques mal maîtrisés et non financés, un audiovisuel public à la dérive, de Radio France à France Télévisions en passant par France Média Monde, un régime des intermittents fragilisé, une absence totale d'initiative pour assurer la survie du système de financement de la création à l'ère numérique et l'échec face au piratage», estime la ministre de la Culture dans une déclaration écrite.

«Une vision dépassée de la politique culturelle»

Dans une interview au Journal du Dimanche, Nicolas Sarkozy juge que «Radio France est devenu un bateau ivre» et dénonce «le manque de considération pour la création artistique et le monde de la culture» du gouvernement. Le président de l'UMP appelle à «favoriser, comme nous l'avions fait avec la Philharmonie à Paris, avec le Louvre à Lens, avec Beaubourg à Metz, avec le Mucem à Marseille, les investissements culturels».

L'ex-président de la République «confond culture et BTP», rétorque Fleur Pellerin, estimant qu'il «incarne une vision dépassée de la politique culturelle». «La priorité de ce gouvernement, au contraire, c'est l'accès de tous à la culture, la réforme de nos outils de politique culturelle pour les adapter aux défis d'aujourd'hui», poursuit la ministre, citant notamment «la réforme de l'audiovisuel» et l'«inscription dans la loi» du régime des intermittents.

«Ma vision de la politique culturelle est à l'exact opposé du "karcher" de Nicolas Sarkozy. C'est un travail patient de reconstruction du lien social autour d'une culture plus accessible, mieux partagée, toujours exigeante et plus démocratique», conclut Fleur Pellerin.