Congrès du PS à Poitiers: La campagne est ouverte

POLITIQUE Le conseil national a entériné ce samedi quatre «motions» concurrentes sur lesquelles les militants PS auont à voter...

M.G. avec AFP
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Jean-Christophe Cambadélis, le premier secrétaire du Parti socialiste, lors d'une conférence de presse au siège du PS, ru de Solférino (7e), le 11 avril 2015.
Jean-Christophe Cambadélis, le premier secrétaire du Parti socialiste, lors d'une conférence de presse au siège du PS, ru de Solférino (7e), le 11 avril 2015. — NICOLAS MESSYASZ/SIPA

La campagne est lancée au sein de la famille socialiste pour le congrès de Poitiers. Le conseil national, le «parlement» du parti, a entériné ce samedi quatre «motions» concurrentes sur lesquelles les militants PS auront à se prononcer le 21 mai. Elles n'étaient toutefois pas encore rendues publiques, le dépôt formel se faisant dimanche à 14 heures.

Parmi elles, celle du premier secrétaire Jean-Christophe Cambadélis, candidat à sa succession. Ce texte, intitulé «Le Renouveau socialiste» est soutenu par le gouvernement et sera signé par Manuel Valls, selon plusieurs sources. Il rassemble Martine Aubry - dont Jean-Christophe Cambadélis a loué le «sens de l'intérêt général chevillé au corps» - jusqu'aux réformateurs de l'aile droite (Gérard Collomb, Pascal Terrasse).

Contributions, motions, élection… Tout savoir sur le congrès du parti

«Une alliance de tous les contraires», a raillé le camp de la gauche du parti emmené par Christian Paul, tout comme celui de Karine Berger, le camp des «non-alignés». «Sectarisme», a répliqué Jean-Christophe Cambadélis, qui s'est félicité que son texte puisse réunir des personnalités «au-delà de ce qu'(elles) ont pu penser ou dire à un moment ou un autre».

Parmi les propositions phare, celles d'un «dépassement du Parti socialiste» à travers la fondation d'une «nouvelle alliance à gauche», avec la gauche et les écologistes ainsi que les citoyens, «une belle alliance». «On ne peut plus accepter un processus de multiplication des divisions dans l'ensemble de la gauche», a dit le patron du PS, qui ambitionne de faire une «convention nationale» au sujet de cette alliance en novembre 2016, à cinq mois de la présidentielle.

Depuis que Martine Aubry a rejoint sa motion, des ténors du gouvernement estiment «plié» le congrès pour la majorité sortante. «On fera 57%, la gauche du parti 35%, Karine Berger 8 à 11 % et Florence Augier [la quatrième motion] 2%», pariait un cadre du parti.



Faux, répondent les autres motions. Christian Paul croit «possible une nouvelle majorité» dans le parti avec son texte «A gauche pour gagner», qui demande une inflexion réelle de la politique économique menée par l'exécutif et que le PS puisse avoir son mot à dire sur la conduite des politiques.

Selon lui la motion de la gauche et des «frondeurs» va «réveiller» le congrès, pour qu'il ne soit «ni attrape-tout», ni «édredon». «Vous vous rendez compte, avec ces quatre motions, ce n'est pas sûr que le premier secrétaire obtienne 50%» le 21 mai, répétaient plusieurs «frondeurs» aux journalistes.

«Si nous ne sommes pas majoritaires dans ce congrès, il y a fort à parier qu'en 2017 le parti (...) connaisse la pire des difficultés politiques», prévient Christian Paul, en assurant qu'avec les siens, ils n'étaient «pas des fouteurs de crise».

Vote des militants le 21 mai

Chez Karine Berger (première signataire de la motion «La fabrique»), on mise sur les militants pour dynamiser l'approche du congrès, qui reste «ouvert» et constitue «la dernière chance de présenter autre chose que de l'entre-soi (entre responsables et cadres socialistes)», selon les termes de l'ancienne ministre Dominique Bertinotti, un de ses soutiens.

Enfin, la motion «Osons un nouveau pacte citoyen et républicain», a pour première signataire Florence Augier, secrétaire nationale du PS. Les militants socialistes à jour de cotisation voteront sur ces différents textes le 21 mai. Les premiers signataires des deux motions arrivées en tête seront ensuite en lice le 28 mai, date à laquelle les militants les départageront pour le poste de premier secrétaire du PS.