La France refuse de délivrer des visas à ses interprètes afghans

INTERNATIONAL 50 Afghans qui ont travaillé pour l'armée française demandent à pouvoir quitter le pays ...

C.B.

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François Hollande à l'Elysée, le 2 avril 2015
François Hollande à l'Elysée, le 2 avril 2015 — ALAIN JOCARD AFP

François Hollande est leur dernier espoir. Va-t-il faire en sorte que les 50 anciens interprètes afghans qui ont travaillé pour l'armée française soient accueillis sur le territoire national, comme ils le réclament ?

Malgré leur mobilisation, la France leur avait dit non, mais l’initiative lancée par des avocats tricolores vient relancer leurs espérances. Monté en collectif, les avocats ont adressé «une lettre ouverte à François Hollande», révèle RFI, pour que le président intercède en faveur des traducteurs afghans. «La demande intervient dans un contexte de dégradation globale des conditions de sécurité en Afghanistan», précise le site de la radio.

Parce qu’ils ont «travaillé, souvent plusieurs années, comme traducteurs aux côtés des forces françaises déployées sur le terrain», ces Afghans se disent désormais menacés dans leur pays.

«La loyauté, c’est quelque chose qui est très importante»

«On reçoit toujours des menaces. On ne peut pas sortir de la maison, ni même aller acheter quelque chose au bazar», expliquait au Figaro Abdul Raziq, l’un de ces traducteurs, lors d’une manifestation devant l’ambassade de France à Kaboul. «Nous voulons que l'État français nous protège» car la situation pour les interprètes «s'aggrave de jour en jour».

«L'écho médiatique de leur action a mené un collectif d'avocats à prendre contact avec ces hommes dans l'optique de plaider leur cause, depuis la France. Et c'est dans ce contexte qu'intervient la lettre ouverte tout juste envoyée au président de la République, par ce collectif qui représente à présent 54 anciens interprètes éconduits par l'administration française», précise RFI.

Interrogée par la station, Me Caroline Decroix, représentante du collectif d’avocats, affirme: «Ils vivent dans des conditions d’une très grande précarité avec la peur au ventre puisqu’ils reçoivent régulièrement des lettres de menaces. (…) Je crois que la loyauté, c’est quelque chose qui est très importante pour un militaire et les hommes qui étaient sur le terrain avec ces interprètes trouvent que c’est véritablement déloyal ce qui se passe aujourd’hui».