Crise au FN: «Marine Le Pen dynamite sa propre formation», estime Jean-Marie

POLEMIQUE Le président d'honneur s'est exprimé sur RTL...

C.B. avec AFP
— 
Le président d'honneur du Front national Jean-Marie Le Pen le 23 mars 2014 à Nanterre
Le président d'honneur du Front national Jean-Marie Le Pen le 23 mars 2014 à Nanterre — Kenzo Tribouillard AFP

La tension ne retombe pas entre Jean-Marie Le Pen et sa fille. Le premier s’exprime ce vendredi matin sur RTL et ne mâche pas ses mots. «Marine Le Pen est en train de se soumettre au système», attaque-t-il estimant qu’elle «dynamite sa propre formation».

Le président d’honneur du Front national assure qu’il ira se défendre devant les instances de son parti. Marine Le Pen avait annoncé jeudi soir sur TF1 la convocation prochaine de son père «devant le bureau exécutif» du parti «siégeant en sa qualité de structure disciplinaire».

>> Revivez l'intervention de Marine Le Pen par ici

«Personne ne comprendrait qu'il y ait au FN des personnalités qui puissent exprimer une pensée qui soit personnelle et contraire aux statuts du FN (...) J'ai décidé l'ouverture d'une procédure disciplinaire. Jean-Marie Le Pen sera convoqué devant le bureau exécutif siégeant en sa qualité de structure disciplinaire», a annoncé Marine Le Pen, après deux jours d'une violente querelle entre père et fille autour de l'entretien que le premier a accordé à l'hebdomadaire d'extrême droite Rivarol, «ignoble torchon» selon elle.

«Du chagrin comme fille, aussi comme militante»

Le bureau exécutif du FN, l'instance suprême du parti, comprend neuf membres, dont Marine Le Pen et Jean-Marie Le Pen, ainsi que les cinq vice-présidents, le trésorier et le secrétaire. Aucune date n'a été indiquée par Marine Le Pen. Elle a en outre exhorté le patriarche frontiste, 86 ans, de «faire preuve de sagesse, de tirer les conséquences du trouble qu'il a lui-même créé et peut-être arrêter ses responsabilités politiques.»

La présidente du FN, qui a pris en 2011 les rênes du parti co-fondé par son père en 1972, a assuré qu'elle «(ressentait) du chagrin comme fille, aussi comme militante», face à la sévère dispute l'opposant à «Le Pen», mais l'a relativisée au regard des «souffrances des Français».

Sur Radio Classique et LCI, comme il l'avait fait la veille, l'eurodéputé Florian Philippot, vice-président du FN, a rendu un hommage insistant à la présidente du Front national qui sur TF1, «ne s'est pas dérobée», et «a montré une dignité dans l'émotion». Elle «a pris «une hauteur de vue» de «femme d'Etat» en «faisant passer l'intérêt supérieur du mouvement et donc de la France et les Français avant les considérations personnelles et familiales».

«Peut-être qu'il faut avoir la sagesse de savoir partir»

Jean-Marie Le Pen «n'aura pas l'investiture du FN en PACA» pour les régionales de décembre, a assuré Florian Philippot. «On verra s'il reste au FN ou pas», a-t-il glissé. «Peut-être qu'il faut avoir la sagesse de savoir partir (...) quand on crée un trouble aussi profond». Il «doute» que le cofondateur du FN veuille s'engager «dans une aventure personnelle», en soulignant que pour faire une liste aux régionales «il faut 200 personnes».

L'élu lorrain a assuré qu'il s'agissait d'une «crise dont on se serait bien passé. Mais si elle permet d'assainir les choses et de rappeler des positions fortes de patriotes», alors «oui il en sortira quelque chose. Beaucoup de nos sympathisants attendaient une clarification, elle est venue».