Frondeurs, réformateurs, non-alignés… Tout comprendre aux différentes motions du Congrès PS

PARTI SOCIALISTE Les différents courants ont jusqu'à samedi pour déposer leur motion...

T.L.G.
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Illustration du logo du PS lors du congrès de Toulouse le 27 octobre 2012.
Illustration du logo du PS lors du congrès de Toulouse le 27 octobre 2012. — L. BONAVENTURE / AFP

L’heure est venue de choisir son camp. En prévision du Congrès du PS (5-7 juin), les tractations se multiplient. Les sensibilités socialistes doivent déposer leur motion. Ces textes programmatiques seront soumis au vote des militants le 21 mai prochain. A deux jours de l’enregistrement des motions par le conseil national, 20 Minutes fait le point sur les différents courants.

Congrès du PS: Une motion des frondeurs avec Hamon, quid de Martine Aubry?

Le soutien au gouvernement

Le premier secrétaire du PS, Jean-Christophe Cambadélis, est candidat à sa succession. Il espère que sa synthèse fera l'objet du rassemblement le plus large possible. Lors du dépôt en février d'une «contribution» (texte préparatoire à une motion), il avait reçu le soutien de 270 parlementaires dont Claude Bartolone, Jean-Marc Ayrault, et des hollandais dont Bruno Le Roux. Martine Aubry a fait aussi savoir qu'elle se tiendrait au côté du premier secrétaire du parti.

L’union des gauches

Les frondeurs et l’aile gauche du parti se sont mis d’accord pour déposer une motion commune. Elle rassemble les sensibilités de la gauche du PS: celle menée par Benoît Hamon, «Un monde d’avance» et celle d’Emmanuel Maurel, «Maintenant la gauche» et les frondeurs.

C’est le député Christian Paul, un des chefs des frondeurs, qui a été désigné premier signataire. Ce rassemblement compte certains proches de Martine Aubry (Daniel Goldberg), d'Arnaud Montebourg (Aurélie Filippetti, Patrice Pratt), et plus surprenant, l'ex-strausskahnien Laurent Baumel.

Ces socialistes se retrouvent autour d’une contestation de la politique économique du gouvernement. La motion demandera des «inflexions fortes pour essayer de sauver le quinquennat», avec des mesures à court terme pour «les plus défavorisés, sur le logement, l'équilibre territorial», précise l'eurodéputé Guillaume Balas. Le texte veut aussi en finir avec «la stricte allégeance» du parti au gouvernement.

Les «non-alignés»

Entre les deux camps, s’immisce la députée Karine Berger, première signataire d'une motion que déposera d'ici samedi sa sensibilité. Elle vise à rassembler «les non-alignés, ceux qui refusent le bloc contre bloc, celui des « frondeurs » contre celui des « courtisans »», a déclaré Nicolas Brien, responsable du réseau «Inventons demain» . Le texte comprend les quatre animateurs de «Cohérence socialiste» - Karine Berger, Valérie Rabault, Yann Galut, Alexis Bachelay - l'ex-ministre Dominique Bertinotti, les élus d’« Inventons demain », et Arnaud Leroy, député des Français de l'étranger, proche d'Arnaud Montebourg.

«Entre une gauche fantasmée et une gauche de gestion, il y a la place pour une gauche de transformation», écrivait Karine Berger la semaine dernière dans une tribune au Monde.

Le «Pôle des réformateurs»

Cette sensibilité de l'aile droite du PS hésite: déposer sa propre motion ou rejoindre celle du premier secrétaire. Mercredi, une délégation conduite par Gérard Collomb, sénateur-maire de Lyon, et Jean-Marie Le Guen, secrétaire d'Etat aux relations avec le Parlement rencontrait Jean-Christophe Cambadélis.

«Ils ont rappelé la nécessité d'engager de nouvelles réformes, par exemple en matière d'assouplissement du marché du travail, de formation professionnelle, de lutte plus active contre le chômage ou encore de soutien à l'investissement des collectivités locales », soulignait un communiqué de cette tendance. «Le Pôle des réformateurs» prendra sa décision «vendredi matin, au regard du contenu du texte proposé par Jean-Christophe Cambadélis».

La motion «militante»

Une motion «militante», déposée par une secrétaire nationale, Florence Augier, est attendue d'ici samedi.