Affaire des pénalités: «Fillon est mort!», tacle Nicolas Sarkozy

COMPTES L'ex-président est certain que son ancien Premier ministre a joué un rôle clé pour le faire tomber avec l'affaire des pénalités...

C.B.

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Le président de l'UMP Nicolas Sarkozy, le 24 mars 2015 à Asnières.
Le président de l'UMP Nicolas Sarkozy, le 24 mars 2015 à Asnières. — WITT/SIPA

Le ton monte. D’après L’Express, Nicolas Sarkozy détiendrait des «preuves» de l’implication personnelle de François Fillon dans «l’affaire des pénalités». Autrement dit, Sarkozy est désormais persuadé que Fillon a tenté de le faire tomber avec ce dossier.

Le magazine rapporte que le soir de la victoire de l’UMP aux départementales, François Fillon se rend au siège du parti. Sarkozy l’accueille en lui lançant: «J’ai vu juste!», ce à quoi Fillon répond: «Je ne suis pas d'accord avec toi sur le voile à l'université et le menu de substitution dans les cantines.» Il ne s’agit pas de simples divergences politiques. Quelques jours plus tard, Sarkozy balance «Fillon est mort!», persuadé que l’ex-Premier ministre l’a directement impliqué dans l’affaires des pénalités.

«Je suis persuadé que les juges vont classer l'affaire»

D’après le Canard Enchaîné, Sarkozy aurait même déclaré: «Fillon, je le veux à terre et sans oxygène.» Avant d’ajouter: «L'histoire dans l'histoire, c'est bien Fillon. J'ai tous les faits, toutes les preuves, les faits sont très précis. C'est lui qui a tenté, via son avocat Sureau, de me faire mettre en examen. Et d'accélérer la procédure judiciaire par l'intermédiaire du secrétaire général de l'Élysée.»

Sarkozy n’est cependant pas inquiet: «Je suis persuadé que les juges vont classer l'affaire.» Mais il prévient: «La récré est finie. Les élections primaires ont été annoncées, mon nouveau parti va être lancé. La machine est en marche. Jusqu'à maintenant, j'ai fait le gentil, maintenant, je ne vais plus laisser respirer mes concurrents.»

Rappelons que François Fillon, mais également Alain Juppé, Xavier Bertrand et Christian Estrosi, se sont déjà portés candidat à la primaire de 2016, à laquelle devrait également participer Nicolas Sarkozy. 

Mercredi dernier, les juges ont placé l’ancien Président sous le statut de témoin assisté dans l’affaire des pénalités, c’est-à-dire dans l'enquête qu’ils mènent sur les pénalités payées par l'UMP en octobre 2013 à la suite du dépassement du plafond de dépenses de la campagne présidentielle de 2012.

Un abus de confiance?

Le Conseil constitutionnel avait en effet ordonné à l'ancien prétendant à l'Elysée la restitution à l'Etat d'une avance forfaitaire de 153.000 euros et lui avait infligé une pénalité de 363.615 euros, correspondant au dépassement constaté. Or, le fait pour l'UMP d'avoir pris en charge ces frais peut constituer un abus de confiance, car les pénalités visaient le candidat lui-même et l'argent du parti auraient donc été détournés à son profit.

A l'époque, pour se renflouer, l'UMP, très endettée, avait lancé une grande souscription auprès de ses militants.