Congrès du PS: Une motion des frondeurs avec Hamon, quid de Martine Aubry?

CONGRES En toile de fond, l'enjeu du périmètre de la contestation à la ligne gouvernementale...

M.P.
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Benoît Hamon et Martine Aubry le 30 octobre 2011 en meeting à Lille.
Benoît Hamon et Martine Aubry le 30 octobre 2011 en meeting à Lille. — D. CHARLET / AFP

Il y aura bien une motion regroupant les frondeurs et les deux sensibilités de l’aile gauche du parti. Du moins, à J-4 avant la date limite du dépôt des textes, c’est ce qui semble acquis du côté des contestataires.

Cette fois, la sensibilité menée par Benoît Hamon, «un monde d’avance» et celle menée par Emmanuel Maurel, «Maintenant la gauche» qui avait fait une jolie percée au dernier congrès de 2012, vont faire alliance. Tout ce petit monde s’est vu ce week-end pour en discuter, avec les frondeurs de «Vive la gauche» et les amis d’Arnaud Montebourg, autre sous-courant opposé à la politique du gouvernement.

«Toutes les hypothèses sont sur la table»

«Oui je serai avec les frondeurs et d'autres. J'espère d'ailleurs que tous ceux qui pensent à peu près la même chose, qui pensent qu'il faut non pas remettre en cause la politique du gouvernement mais l'infléchir vers davantage de mesures favorables à l'amélioration de la vie quotidienne des Français [le seront aussi]», a confirmé Benoît Hamon sur France 2 ce mardi matin.

«On se dirige vers un texte commun», a de son côté affirmé à l'AFP Jérôme Guedj, du courant d’Emmanuel Maurel et l’un des animateurs des frondeurs. «Le travail sur la motion, son périmètre, la volonté d'y aller, c'est acté», a précisé l'eurodéputé Guillaume Balas, proche de Benoît Hamon.

Le nom du premier signataire, enjeu crucial puisque c’est lui qui serait candidat au poste de Premier secrétaire au nom de la motion, n’est pas encore arrêté. «Toutes les hypothèses sont sur la table», selon Jérôme Guedj, alors que certains défendent la candidature d’Emmanuel Maurel contre celle de Benoît Hamon, dont certains soutiens n’ont toujours pas pardonné sa participation au gouvernement. Mais tous disent qu'il n'y aura aucun enjeu de personne et qu'un troisième nom pourrait bien sortir du chapeau.

Aubry dans le flou

Reste à régler le cas de Martine Aubry, dont les intentions dessinent un point d’interrogation. La maire de Lille, qui ne mâche pas ses mots contre Manuel Valls et François Hollande, mettra-t-elle ses actes en conformité avec ses paroles et signera-t-elle la motion des frondeurs? Montera-t-elle la sienne?

Rien n’est moins sûr. Elle a réuni ses «amis» à l’Assemblée nationale la semaine dernière pour la première fois depuis des mois mais n’a pas levé le voile sur son futur. L’objectif, pour elle, c’est de faire monter la pression sur l’exécutif afin qu’une inflexion rapide du cap économique et social intervienne enfin.

Pôle Réformateurs VS Cohérence socialiste

«On n'a pas décidé» du dépôt d'une motion propre aux aubrystes, a indiqué l'un de ses porte-parole officieux, le député Jean-Marc Germain. «On décidera, a-t-il ajouté, en fonction à la fois de l'orientation des politiques gouvernementales dans les deux ans à venir» et en fonction «du texte» de Jean-Christophe Cambadélis, l’actuel premier secrétaire, qui compte présenter un texte à vocation -espère-t-il- majoritaire. Si l'aile gauche du parti et les frondeurs font des appels du pied aux aubrystes, ceux-ci n'ont toutefois jamais évoqué pour l'instant un rapprochement avec eux.

Outre ces deux ou trois grosses motions, deux autres sensibilités pourraient déposer leur texte. Le mouvement «Cohérence socialiste», représenté par les députés Karine Berger, Valérie Rabault, Yann Galut y réfléchit ainsi que le pôle des Réformateurs (aile droite, avec le maire de Lyon Gérard Collomb, le député Philippe Doucet). Le vote sur les motions aura lieu lors du Congrès de Poitiers, qui se déroulera du 5 au 7 juin.