Marine Le Pen juge «délirant» le lien entre le Front national et la Russie évoqué par «Mediapart»

POLITIQUE D’après le site d’informations, le Front national aurait bénéficié de financements russes en échange d’un soutien à Vladimir Poutine…

A.Ch.
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Marine Le Pen le 29 mars 2015.
Marine Le Pen le 29 mars 2015. — SIPA

«Délirant»: pour Marine Le Pen, les accusations de Mediapart sur un financement russe du Front National en échange d’un soutien à la politique de Vladimir Poutine, ne sont pas crédibles. «Je ne vois pas comment Mediapart peut tirer ça de ce qu'ils ont sous la main. Cet échange, si tant est qu'il soit vrai - ça me paraît délirant -, démontre qu'il n'y a pas de contrepartie. Et on ne comprend rien à la conversation», a répondu Marine Le Pen à l'AFP.

Emprunts russes du FN: Des textos du Kremlin dévoilés par des hackers

Trois échanges de SMS

Le site d’information s’appuie en effet sur trois échanges de SMS entre des responsables russes, dévoilés par des hackers d’Anonymous International. «Ce truc me paraît pour le moins suspect (...). Je n'ai jamais eu le moindre contact ni téléphonique ni physique avec ces personnes que je ne connais ni d'Eve ni d'Adam», a ajouté Marine Le Pen.

Dans l'un de ces échanges datant du 11 mars 2014, un des hommes assurerait que «le FN prendra officiellement position sur la Crimée». «Quelqu'un du fonds t'a contacté sur les financements?», lui demanderait son interlocuteur. «Oui le vice-ministre des affaires étrangères lui répondra», dit en retour «Kostia».

«Elle n'a pas trahi nos attentes»

Un nouvel échange le 17 mars dévoilerait les «attentes» des Russes envers Marine Le Pen: «-Marine Le Pen a officiellement reconnu les résultats du référendum en Crimée.» «- Elle n'a pas trahi nos attentes ;)» «Il faudra d'une manière ou d'une autre remercier les Français. C'est important.» «- Oui super !». Mais Marine Le Pen réfute: «J'ai la preuve qu'au moment du référendum en Crimée, nous sommes en négociations pour obtenir un financement à Abu Dhabi», a-t-elle assuré.

Le 17 mars, Marine Le Pen avait jugé «sans contestation possible» les résultats de ce référendum. L'association de financement Cotelec, présidée par Jean-Marie Le Pen, a reçu le 18 avril deux millions d'euros de prêts d'une société chypriote alimentée par des fonds russes, selon Mediapart. Fin septembre, le FN a emprunté 9 millions d'euros auprès de la First Cezch Russian Bank (FCRB), expliquant que les banques françaises ont refusé de lui prêter de l'argent.