Aurélie Filippetti trouve que Cécile Duflot fait une «bonne analyse» de la situation politique

POLITIQUE L’ancienne ministre juge que le gouvernement fait preuve «d’aveuglement idéologique»…

A.Ch. avec AFP

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La députée socialiste Aurélie Filippetti à l'Assemblée nationale à Paris, le 28 octobre 2014
La députée socialiste Aurélie Filippetti à l'Assemblée nationale à Paris, le 28 octobre 2014 — Lionel Bonaventure AFP

Les ennemis de mes ennemis sont mes amis. Aurélie Filippetti, qui a quitté le gouvernement de Manuel Valls en août dernier, a considéré mercredi que «Cécile Duflot a eu une bonne analyse» sur la nécessité de changer de ligne économique, ajoutant que l'exécutif faisait preuve jusqu'alors d'«aveuglement idéologique».

Cécile Duflot a un «désaccord assez important» avec Manuel Valls

Retour des écolos au gouvernement?

Interrogée sur un éventuel retour d'écologistes au gouvernement, la députée PS de Moselle a déclaré devant l'Association des journalistes parlementaires que «Cécile Duflot a eu une bonne analyse hier (mardi) dans Le Monde en disant qu'il faut tirer les leçons du scrutin, et donc changer de ligne économique».

«Certains écologistes semblent avoir envie d'aller au gouvernement. S'il y a des débauchages individuels, cela ne changera ni la face du monde ni la politique de l'ensemble du gouvernement. Le parti écologiste me semble uni pour dire qu'il veut une inflexion dans la politique économique avant de pouvoir envisager un retour», a observé l'ancienne ministre PS, qui fut membre des Verts par le passé.

Un casting «symbole d’une inflexion de la ligne»

Sur un remaniement intégrant au gouvernement des écologistes mais aussi des socialistes «frondeurs», «il faut que le casting soit le symbole d'une inflexion de la ligne», estime Aurélie Filippetti, qui a regretté que «aussi bien le président de la République que le Premier ministre ont dit qu'ils ne changeraient rien» à la ligne après les départementales. Pour elle, cela risque de «démobiliser encore plus notre électorat» à quelques mois des régionales et à deux ans de la présidentielle.

Défendant les propositions du collectif Vive la Gauche (réforme fiscale, fusion CICE-CIR...) et «un vrai volontarisme industriel» car les mesures actuelles «ne marchent pas», elle a assuré que «beaucoup d'économistes sérieux disent la même chose depuis un certain temps», que «jamais une politique de rigueur n'a permis de baisser la dette ou les déficits». Mais l'ex-ministre a déploré «un aveuglement idéologique et un manque de pragmatisme très répandu dans les sphères de pouvoir, les grands corps d'Etat et certains dirigeants européens».