VIDEO. Un an à Matignon: Manuel Valls en cinq chapitres

POLITIQUE Manuel Valls souffle sa première bougie en tant que Premier ministre…

Anne-Laëtitia Béraud
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Le Premier ministre Manuel Valls à Matignon, le 6 mars 2015.
Le Premier ministre Manuel Valls à Matignon, le 6 mars 2015. — NICOLAS MESSYASZ/SIPA

Manuel Valls souffle ce mardi sa première bougie dans «l’enfer de Matignon». Nommé Premier ministre il y a un an par François Hollande, il remplace alors Jean-Marc Ayrault, au lendemain de la claque des municipales. Le nouveau Premier ministre est alors porté par des cotes de popularités exceptionnelles, avant que l’exercice du pouvoir et les difficultés avec sa majorité ne les fassent s’effriter. 20 Minutes vous retrace cinq temps forts de l’exercice de Manuel Valls.

Sa nomination après la claque des municipales de mars 2014

Le Président François Hollande annonce la nomination de Manuel Valls le 31 mars 2014 en expliquant qu’«il a les qualités» pour le poste, à la tête d’une «équipe resserrée, cohérente et soudée, un gouvernement de combat» pour réduire le chômage et renouer avec la croissance. A Valls, il demande de «faire du Valls», soit à faire preuve d'autorité et de pragmatisme. Cependant, ce gouvernement se fera sans les alliés écologistes: sous l'impulsion de Cécile Duflot, ils claquent la porte du gouvernement.

La sortie express de Montebourg, Hamon et Filippetti et l’envol des frondeurs

L’été meurtrier. Fin août, lors de la fête de la Rose à Frangy-en-Bresse, le ministre de l’Economie Arnaud Montebourg, avec Benoît Hamon, appelle à «une inflexion majeure de la politique économique» du gouvernement. Une voix discordante inadmissible pour Manuel Valls, qui démissionne Arnaud Montebourg et pousse Benoît Hamon et Aurélie Filippetti  vers la sortie. Est nommé à Bercy Emmanuel Macron, ancien banquier de chez Rothschild, symbolisant le social-libéralisme qui hérisse l’aile gauche du Parti socialiste. C’est l'envol des «frondeurs», horrifiés par la sortie de Manuel Valls et son: «J’aime l’entreprise» clamé devant le Medef.

Un style autoritaire à la Sarkozy et le sens de la dramatisation

En choisissant Manuel Valls, le président de la République veut mettre fin à la «machine à couac», les erreurs de communication qui ont tant nui au gouvernement de Jean-Marc Ayrault. C’est aussi le choix d’un style qui ressemble à celui de l’ancien chef d’Etat Nicolas Sarkozy. Droit dans ses bottes, incarnant le «premier flic de France» qu’il n’est plus, l’homme a le sens du duel, comme avec Dieudonné, ou encore le sens de la dramatisation… Ainsi, en octobre 2014, Manuel Valls décrète à L’Obs: «Si la gauche ne se réinvente pas, oui, elle peut mourir». Sans oublier d’adresser aux frondeurs qui l’exècrent: «La gauche qui renonce à réformer, qui choisit de défendre les solutions d'hier plutôt que de résoudre les problèmes d'aujourd'hui, cette gauche-là se trompe de combat».

 

 

La crise du 49-3 et les frondeurs

La loi du ministre de l’Economie Emmanuel Macron risque d’être rejetée en février 2015, par manque de voix dans les rangs socialistes. Manuel Valls décide alors de recourir à l'article 49-3 de la Constitution, qui fait passer cette loi sans vote à moins qu’une motion de censure ne soit votée. Pendant deux jours, la crise est béante entre le gouvernement et les socialistes frondeurs. La motion de censure, déposée par la droite, est cependant rejetée. L’épisode montre la fragilité du gouvernement face sa majorité, une faiblesse déjà révélée par les crises lors du vote du budget rectificatif ou lors de l’adoption du Pacte de responsabilité

Nouvel échec aux départementales et nouvelles divisions

Jouant à fond la campagne pour les élections départementales, nationalisant le scrutin par sa critique virulente du Front national, Manuel Valls ne peut empêcher un nouvel échec. La gauche se prend une quatrième claque depuis la présidentielle de 2012, après les municipales, les européennes et les sénatoriales. Outre la faible mobilisation des électeurs de gauche, les divisions avec le Front de Gauche et les écologistes ont contribué à disperser les voix. Le Front national fait aussi une percée historique. En attendant les élections régionales de 2015, Manuel Valls se prépare à l’échéance sensible du congrès du PS en juin à Poitiers. Tant les frondeurs que les soutiens de Martine Aubry souhaitent, dans la ville aux cent clochers, obtenir gain de cause faire plier l’exécutif.