Elections départementales: Manuel Valls accuse Nicolas Sarkozy de «courir après le Front national»

POLITIQUE Le Premier ministre continue d'attaquer l'UMP avant le second tours des élections départementales dimanche...

20 Minutes avec AFP

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Manuel Valls quitte le pupitre après son allocution au soir du premier tour des élections départementales, le 22 mars 2015 à Paris
Manuel Valls quitte le pupitre après son allocution au soir du premier tour des élections départementales, le 22 mars 2015 à Paris — Alain Jocard AFP

Manuel Valls a accusé ce jeudi soir à Tours (Indre-et-Loire) Nicolas Sarkozy de «courir après le Front national» en reprenant des «polémiques nauséabondes», notamment sur les menus de substitution dans les cantines, lors de son avant-dernier meeting de campagne pour les départementales.

Le Premier ministre a également fustigé une nouvelle fois le «ni-ni» prôné par l'ancien chef de l'Etat, accusant l'UMP d'avoir pour projet le «moins-moins», avec «moins de services publics, moins de solidarité» et «moins de moyens pour les collectivités territoriales».

Une attaque en règle

«Quand on prétend "attaquer le Front national, brutalement, frontalement"», comme l'a dit Nicolas Sarkozy, «on ne le fait pas que dans les mots. On le fait aussi dans les urnes, avec une position claire!» a lancé le Premier ministre lors d'un meeting de soutien aux candidats de gauche organisé dans la mairie de Tours.

«Non, on n'attaque pas le Front national quand on reprend des polémiques nauséabondes sur l'identité ou sur la laïcité. On ne l'attaque pas: on montre qu'on est plus faible et qu'il est plus fort!» a fustigé Manuel Valls.

«J'entendais encore récemment le président de l'UMP (...) dire à un de nos compatriotes musulmans que s'ils voulaient que leurs enfants puissent manger conformément à leur foi, ils n'avaient qu'à aller dans des écoles privées. Pour ne pas avoir -je cite encore- des "tables de petits musulmans dans les écoles", on exclut, on encourage le repli communautaire que l'on prétend combattre», a continué Manuel Valls.

Le FN, ce «danger mortel pour la France»

«Ce n'est pas cela, M. Sarkozy, la République, ce n'est pas cela la laïcité et l'égalité! Ça, ça s'appelle courir derrière le Front national!» a-t-il poursuivi sous les applaudissements d'environ 700 personnes, dont sa ministre des Affaires sociales, Marisol Touraine.

De façon plus générale, le Premier ministre s'en est pris à une droite «qui n'apporte aucune solution» avec un projet qui ajoute «le moins-moins» au «ni-ni». Manuel Valls a également mené la charge contre le FN, qui est un «danger mortel pour la France», que le parti de Marine Le Pen mènerait «dans l'impasse».

«On ne fera pas avancer le pays en renversant la table, en jetant à l'eau tous nos principes républicains», a-t-il dit en dénonçant le programme du FN (sortie de l'euro, restrictions sur l'IVG...)

Défendant le programme de la gauche, Manuel Valls a notamment insisté sur «ce beau mot de solidarité» et d'une gauche qui a «le souci des gens».