Départementales 2015: Dans l'Aisne, le FN pourrait l'emporter d'une courte tête dimanche

Elections Le FN a glané 38,67% des voix au premier tour dans ce département...

20 Minutes avec AFP

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Marine Le Pen, présidente du FN, le 25 mars 2015 à Hénin-Beaumont.
Marine Le Pen, présidente du FN, le 25 mars 2015 à Hénin-Beaumont. — SARAH ALCALAY/SIPA

Une victoire qui serait une première. Le Front national est pour la première fois en position de remporter une majorité relative au second tour des départementales dimanche dans l'Aisne, où il a déjà gagné un des 21 cantons en jeu au premier tour. Cependant, les jeux ne sont pas entièrement faits.

«Cela va se jouer à un ou deux cantons près», estime le secrétaire départemental du PCF, Benoît Roger.

Pourquoi le FN peut gagner l'Aisne

Le maire FN de Villers-Cotterêts, Franck Briffaut, croit que « tout est possible, l'électorat pouvant modifier son vote d'un weekend à l'autre et des abstentionnistes se mobiliser ». Au premier tour, le FN a glané 38,67% des voix dans le département, moins qu'aux européennes (40,02%) mais avec 10.000 suffrages de plus.

«Faire basculer le scrutin»

Même dans son canton, où il a recueilli 44,50% des suffrages avec sa partenaire Martine Pigoni et où il affronte un binôme UMP, il ne crie pas victoire par avance. « Quand la moitié de l'électorat s'abstient (50,73% d'exprimés au premier tour ndlr), on se doit d'être prudent ».

A Guise, l'avance du FN qui a recueilli 44,05% des suffrages, avec 1.321 voix de plus que le PS (29,23%) paraît difficile à combler, même si la droite, qui avait obtenu 26,72%, s'est retirée.

VOIR: La carte des désistements (ou non) des candidats PS et UMP face au FN

L'issue est plus incertaine dans d'autres cantons. A Ribemont, et à Bohain, où se présentent respectivement un binôme socialiste et un ticket PS/PCF, la gauche a du retard aussi. Mais « les candidats sont des figures locales qui peuvent, sur leur bilan, faire basculer le scrutin en leur faveur », espère le responsable communiste.

A Hirson, dans un autre des duels FN-gauche, « ça va se décider à peu de voix » entre le FN à 37,91% des voix et le PS à 31,63%, confie le candidat socialiste, le maire de Hirson, Jean-Jacques Thomas, qui croit néanmoins à sa victoire. Le binôme de droite (20,98%) s'est retiré en sa faveur et 25 des 26 maires du canton ont appelé à voter pour lui.

L'égalité absolue n'est pas exclue

Même en gagnant certains de ces duels serrés, le FN ne serait cependant pas en mesure d'obtenir les 11 sièges -sur 21- lui donnant le contrôle du conseil départemental. Ce serait néanmoins un grand succès, puisqu'il était absent du conseil sortant, dirigé par la gauche depuis 1998.

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Selon les interlocuteurs, les pronostics varient: 8 pour le FN, 7 pour la gauche et 6 pour la droite, est l'une des hypothèses. Mais, on pourrait aussi, comme dans un jeu de bonneteau, permuter les noms des partis en gardant les mêmes scores.

Une égalité parfaite à 7-7-7 n'est pas exclue, promettant une joute intéressante pour la présidence du conseil départemental, perdue par le sénateur PS Yves Daudigny, qui l'exerçait depuis 2001. Il s'est retiré après être arrivé troisième au 1er tour dans son canton de Marle.

Sur huit triangulaires qui pouvaient avantager le FN, il n'en reste plus qu'une, à Ribemont, où les candidats UMP se sont maintenus, avec l'appui du député-maire de Saint-Quentin Xavier Bertrand.