Départementales: A Hénin-Beaumont, Marine Le Pen fait de ces élections une étape vers l'Elysée

POLITIQUE La présidente du Front national était sur ses terres mercredi soir, pour la dernière ligne droite avant le second tour des élections départementales dimanche...

20 Minutes avec AFP
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Marine Le Pen en meeting à Hénin-Beaumont (Pas-de-Calais), le 25 mars 2015.
Marine Le Pen en meeting à Hénin-Beaumont (Pas-de-Calais), le 25 mars 2015. — DENIS CHARLET / AFP

 La présidente du Front national Marine Le Pen s'est d'ores et déjà projetée, ce mercredi soir lors d'une réunion publique dans son fief d'Hénin-Beaumont (Pas-de-Calais), vers la présidentielle, faisant du second tour des départementales dimanche une «étape» vers «l'objectif Elysée».

«Nous sommes en passe de réussir l'étape deux sur les trois que nous nous étions fixées», s'est félicitée Marine Le Pen lors de son unique meeting d'entre-deux tours dans une salle comble d'un demi millier de ses partisans acquis à la cause frontiste.

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Première étape, «cesser les caricatures sur notre mouvement», ce qui a selon elle déjà réussi «dans l'esprit d'une immense majorité de Français».

«Les succès des départementales seront les triomphes des régionales»

Deuxième étape, «l'implantation locale: il y a les municipales où nous nous sommes installés, les excellents scores des départementales qui vont accroître notre assise locale».

A priori, malgré 35,3% au premier tour et une présence dans 32 des 33 cantons du département, il faudrait un important renversement de situation pour que le FN puisse remporter dimanche la présidence du conseil général du Pas-de-Calais.

Marine Le Pen elle-même n'a vu des «hypothèses crédibles» que dans des succès dans le Vaucluse et l'Aisne.

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Mais la présidente du FN voit plus large: «Les succès des départementales seront les triomphes des régionales», un scrutin où, a-t-elle répété, le FN peut gagner «quatre régions en décembre prochain, dont bien entendu la région Nord-Pas-de-Calais-Picardie».

Cette future grande région est pour elle une terre de progression électorale. En l'espace de cinq ans, le FN y est passé de 17,5% aux régionales de 2010 à 34,14% dimanche, lors du premier tour des élections départementales, avec même une pointe à 36,2% aux européennes.

Marine Le Pen hésite pour la région

Reste une question: Marine Le Pen briguera-t-elle la présidence de la région? Malgré ces excellents résultats, et une «forte probabilité» que le FN réussisse à gagner la région, dixit un haut responsable du parti, la fille de Jean-Marie Le Pen dit toujours hésiter et repousse la réponse à avril. 

«J'ai toujours pensé que cette région était gagnable et je le pense encore plus depuis les départementales», avait-elle déclaré auparavant sur le plateau de France 3 Nord-Pas-de-Calais.

«J'ai une idée très précise de ce que je vais y faire (...), de ce qu'il faut surtout arrêter d'y faire parce que la gestion socialiste a été cataclysmique pour la région», a-t-elle fustigé.

«Mon problème est que le calendrier se percute avec celui de la présidentielle», a-t-elle ajouté sur France 3.

Un programme commun à l'UMP et au PS: «Lutter contre le FN»

Dans la salle surchauffée d'Hénin-Beaumont, Marine Le Pen a ciblé la troisième étape: «Ça démarrera après les élections régionales: objectif l'Elysée», a-t-elle clamé, sous les «Marine présidente!» de ses fidèles.

«Nous savons ce que nous allons faire, ce que nous pouvons faire si nous gagnons un département, une région. Mais il y a beaucoup de changements à faire que nous ne pourrons effectuer que quand nous aurons gagné l'Elysée et la majorité législative.»

La patronne du FN a une énième fois cogné contre ses deux principaux contradicteurs dans cette campagne, Manuel Valls et Nicolas Sarkozy -«même vocabulaire, même hargne, même agitation, même look»- et proposé des «meetings communs» pour leurs deux partis qui n'ont selon elle qu'un programme: «Lutter contre le FN.»

Elle a aussi vanté le bilan des mairies FN et notamment celui de Steeve Briois dans le bassin minier, assurant que si les élections municipales avaient lieu «demain», «probablement l'intégralité de nos maires seraient réélus dès le premier tour».

Se voulant prophétique, elle a dit croire qu'«une majorité est en train de se dessiner en faveur du FN dans tout le pays», alors même que les enquêtes d'opinion montrent un rejet du FN majoritaire chez les Français.

Mais qu'importe pour Marine Le Pen, auréolée dimanche du meilleur score de l'histoire du FN à un scrutin national: «Le FN avance sur la voie qui va le mener au pouvoir. Chaque élection est une marche.»