Départementales 2015: Des élus PS et UMP bravent les consignes

POLITIQUE Difficile pour certains candidats d’accepter le «ni-FN ni-PS» de l’UMP, ou le désistement au profit d’un «front républicain» du PS…

Anne-Laëtitia Béraud

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Copie de la page Facebook des candidats PS
Copie de la page Facebook des candidats PS — Facebook

A quatre jours du second tour des élections départementales, la très grande majorité de l’UMP respecte la consigne sarkozyste consistant à refuser de choisir au second tour entre PS et FN (ce qu'on appelle le «ni-ni»). Même configuration à gauche, qui a donné la consigne nationale du «désistement républicain», c’est-à-dire de voter pour la droite face aux candidats FN. Cependant, certains résistent. Tour de France des rebelles…

A l’UMP, la consigne du «ni-ni» est ingérable pour Jean-Paul Fournier, sénateur-maire UMP de Nîmes. L'élu a appelé à voter au deuxième tour des départementales pour la gauche en cas de duel contre le FN. Jean-Paul Fournier se défend en affirmant au Midi Libre que dans le Gard et dans les départements voisins «plus qu'ailleurs il y a un grand risque que ces gens du FN arrivent au pouvoir».

«Pas rester neutre face à des candidats FN»

Un soutien à la gauche également porté par le président du conseil général UMP et sénateur des Ardennes Benoit Huré. Dans un communiqué, il appelle les électeurs de droite à voter PS pour faire barrage au FN dans les cantons de Bogny-sur-Meuse et Revin. Un geste salué par la gauche ce mercredi, rapporte L'Union.

VOIR: La carte de France des désistements (ou non) des candidats PS et UMP face au FN

Comme d'autres élus à l'UMP, le député de la Manche Philippe Gosselin n'appliquerait pas la règle du «ni-ni». «Dans le canton d'Equeurdreville-Hainneville, (…) j'ai appelé à titre personnel à voter pour le candidat de la gauche car je ne me vois pas rester neutre face à des candidats FN qui ne font même pas campagne, qu'on ne voit pas et qui n'ont comme seul but de faire perdre l'UMP», a-t-il expliqué à l'AFP.

Lire: Le journal des départementales de ce mercredi

Des positions raillées par le sarkozyste Brice Hortefeux ce mercredi, qui les qualifie de «Tartemuche»: «Je ne pense pas qu'il y en a beaucoup de Tartemuche, et quand bien même il y en aurait un ou deux, cela n'aurait pas d'intérêt», a-t-il déclaré devant la presse parlementaire ce mercredi.

Dans le Vaucluse, l'UMP a justifié le désistement dans le canton de Pernes-les-Fontaines, parce qu’«il vaut mieux un duel qu'une triangulaire qui déforme les résultats», selon le député UMP Julien Aubert. Dans l’Aisne, les candidats de droite arrivés en troisième position des cantons d’Essômes-sur-Marne, de Guise et de Vervins ont choisi de se retirer pour empêcher l’élection du candidat de l’extrême droite, a annoncé le secrétaire départemental UMP de l’Aisne au Monde mardi.

Des candidats de gauche qui refusent de se désister

A gauche, certains candidats arrivés en troisième position refusent de se désister au second tour face au FN. Quitte à prendre le risque de faire élire un binôme frontiste dans leur canton… Comme l’avait annoncé 20 Minutes mardi, les listes socialistes dans les cantons de Marck et de Longuenesse et d'Auxi-le-Château, dans le Pas-de-Calais, ont décidé de se maintenir.

Dans le Nord, la liste PS-divers gauche du canton de Cateau-Cambrésis, arrivée en troisième position (28,6%) derrière les candidats FN (38,3%) puis divers droite (34,9%), refuse de se désister. Et ce, malgré les consignes du secrétaire fédéral du PS du Nord. Un maintien qui a mené le conseil fédéral du parti a décider «à l'unanimité» de retirer son investiture au binôme du Cateau-Cambrésis. Quant au Front de Gauche, il a formellement interdit à l'ex-candidat PS de revendiquer son soutien. 

Lire : Le PS «désinvestit» deux candidats qui se maintiennent dans le Nord

Dans la Sarthe, les binômes «union de la gauche» et «divers gauche» des cantons du Lude et de Saint-Calais brisent la consigne nationale du PS, en se maintenant au second tour des élections. Et dans le Loiret, le conseiller général socialiste sortant Michel Breffy, candidat à sa réélection dans le canton de Fleury-les-Aubrais, est arrivé en troisième position le 22 mars… à 183 voix de retard du binôme FN. Au Parisien, l'élu confie que cet écart est rattrapable au second tour, grâce, notamment, au report espéré des voix du Front de Gauche.