VIDEO. Elections départementales: Friture sur la ligne à l'UDI sur la consigne du «ni-ni» de l'UMP

POLITIQUE Le président du parti est contre la consigne du «ni-ni» mais pas Hervé Morin, l'ancien ministre UDI...

M.P. avec AFP
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Photo montage montrant Jean-Christophe Lagarde (g), le 24 novembre 2012 à Paris, et Hervé Morin (d), le 6 juin 2013 à Paris
Photo montage montrant Jean-Christophe Lagarde (g), le 24 novembre 2012 à Paris, et Hervé Morin (d), le 6 juin 2013 à Paris — Bertrand Guay AFP

Et revoilà la polémique autour du «ni-ni» qui revient. Si Alain Juppé a soigneusement évité de relancer le débat ce lundi matin, expliquant qu'il «respecte» la consigne du ni FN ni PS au second tour des départementales édictée par son parti, à l’UDI, les responsables semblent décider à s’accrocher sur cette consigne.

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Jusque-là, les responsables de l’UDI ont toujours appelé à «faire barrage» au FN au second tour lorsqu’un candidat de droite est éliminé au premier tour. Ce qui revient à voter pour un candidat de gauche.

Lagarde estime que son parti est «très très clair»

Le président de l'UDI, Jean-Christophe Lagarde, a redit ce matin ce qu’il considère être sa consigne sur iTélé: «Nous sommes, comme Jacques Chirac en son temps, très très clairs: il reste sur la table un bulletin républicain et nous appelons donc à faire barrage à l'extrême droite en utilisant ce bulletin républicain.»

Le vice-président du parti, Yves Jégo, a lui aussi refusé la consigne du «ni-ni» sur France info: « Je souhaite que chaque fois que c'est possible, nous mettions en place les stratégies nécessaires pour que le candidat du FN ne soit pas élu. Par exemple, quand il y a trois candidats (...) je souhaite que celui qui est arrivé en troisième se retire».

Mais les certitudes des deux principaux responsables de l’UDI sont ce lundi mises à mal par l’ancien ministre UDI Hervé Morin qui, lui, a approuvé la position du «ni-ni».

Différent s'il s'agissait d'une présidentielle

«J'ai toujours eu la même position», a-t-il fait valoir sur Sud Radio. «Nous avons été très clairement de ceux qui ont été à l'origine du vote blanc. Je fais partie de ceux qui considèrent que si je me retrouve dans un second tour entre le Parti socialiste et le Front national, je vote blanc», a-t-il affirmé.

«Et bien entendu, dans tous les cas où il y a une triangulaire, où nous pouvons nous maintenir, nous devons combattre, défendre nos valeurs, et continuer jusqu'au soir du second tour», a-t-il ajouté. Pour lui, «un, il ne s'agit pas d'élections présidentielles. Il s'agit d'élections départementales, il faut remettre ça à son niveau. Il s'agit de quelques cantons", a-t-il dit.

Sarkozy s'en mêle

«S'il s'agissait d'élections présidentielles, compte tenu du programme complètement dingue du Front national», sa position serait différente, a-t-il  nuancé. «Vous ne pouvez pas dire tous les jours aux Français, le Parti socialiste met le pays au fond du trou, il a rendu l'économie exsangue, et en même temps appeler à voter pour lui lorsqu'il s'agit d'élections départementales», a-t-il poursuivi.

«Nos amis de l'UDI ont une position, je la respecte», a déclaré Nicolas Sarkozy, à l'issue d'une rencontre au siège de l'UDI avec Jean-Christophe Lagarde. Les deux hommes ont tenté d'afficher leur unité, malgré ce désaccord stratégique.