«Mon voyage n'a pas coûté un centime au contribuable»

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Le retour aux affaires de Nicolas Sarkozy s'est dessiné mardi tandis que la polémique enflait autour de ses luxueuses vacances à bord d'un yacht, au large de Malte.
Le retour aux affaires de Nicolas Sarkozy s'est dessiné mardi tandis que la polémique enflait autour de ses luxueuses vacances à bord d'un yacht, au large de Malte. — Ben Borg Cardona AFP

«Je n'ai pas l'intention de me cacher, de m'excuser», a affirmé Nicolas Sarkozy mercredi à Malte à des journalistes pendant qu'il faisait son jogging et alors que son séjour luxueux à Malte fait quelques vagues. «Je connais Vincent Bolloré depuis vingt ans. Il m'a invité sur son bateau, je ne vois pas où est la polémique, il n'y a pas de polémique. Cela fait vingt ans qu'il m'invite et vingt ans que je refuse», a-t-il ajouté, en soulignant que Vincent Bolloré n'avait «jamais travaillé avec l'Etat».

Mon séjour n'a pas coûté un centime aux contribuables», a-t-il également tenu à préciser, ajoutant qu'il estimait que les Français feront «la part des choses». Une réponse à l'opposition qui s'offusque de ces vacances.

Des vacances studieuses - «J'ai dû travailler plusieurs heures par jour», a-t-il dit - qui vont d'ailleurs être écourtées. «Au fond, je ne vais pas prendre huit jours, je vais en prendre deux et demi», a-t-il ajouté. Une façon d'apaiser la polémique? Toujours est-il que le président élu doit rentrer à Paris mercredi soir, et que dès jeudi, il sera au coté de Jacques Chirac pour commémorer l'abolition de l'esclavage.

17 années de salaires pour un smicard

François Hollande s'était notamment demandé mardi si «c'est la République qui paie». Le président élu a envoyé «un message clair à ses amis naturels grands patrons, actionnaires et millionnaires en leur signifiant qu'il est bel et bien des leurs» et un «message indirect aux salariés» qui «signifie je vous ai bien eus, nous ne sommes pas du même camp». Nicolas Sarkozy «affiche la couleur» pour son mandat, avec ses trois jours à bord d'un yacht qui représentent «environ 17 années de salaires pour un smicard et 36 années de revenus pour un Rmiste».

«Après cinq années éprouvantes, Nicolas Sarkozy devait bien trois jours de bonheur exceptionnels pour sa famille avant cinq ans de labeur au service exclusif des Français», a défendu Jean-Pierre Raffarin.

De son côté, Vincent Bolloré, riche industriel français qui a prêté son yacht au président élu, s'est dit «honoré» de l'accueillir sur son navire, dans une interview au «Monde». «Les Français ont confié le pouvoir politique au pouvoir de l'argent», avait taclé Henri Emmanuelli, entre autres.