EXCLUSIF. Départementales 2015: Le FN devancerait d'une courte tête la droite au premier tour

ÉLECTIONS Selon un sondage exclusif Harris Interactive pour 20 Minutes et LCP, le FN obtiendrait 29% au premier tour, soit un point de plus que la droite...

T.L.G.

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Un vote aux élections cantonales de 2011, qui deviennent en 2015 les élections départementales.
Un vote aux élections cantonales de 2011, qui deviennent en 2015 les élections départementales. — SIPA

Le Front National fait la course en tête. A trois jours du premier tour des élections départementales, le parti de Marine Le Pen est en tête des intentions de vote. 29% des Français seraient ainsi tentés de voter pour un binôme frontiste, selon un sondage* exclusif Harris Interactive pour 20 Minutes et LCP.

Le FN en tête, devant la droite

Le FN devance d'un petit point l'UMP et l'UDI (28%), et plus largement le Parti Socialiste et ses alliés (19%). Pour le reste, les candidats Divers Droite prennent la quatrième place (8%) devant ceux du Front de Gauche (7%), et les Divers Gauche (dont alliances FG-Europe Ecologie Les Verts, à 5%). Les binômes soutenus uniquement par Europe-Ecologie Les Verts ne recueillent eux que 2%. Le Modem, peu présent à ce scrutin est à 1% des intentions de vote tout comme les candidats étiquetés divers.

«D’une manière générale, on voit une droite assez forte autour de 37% avec le centre, et de l’autre des candidats de gauche qui sont moins puissants, à 33% hors extrême gauche, alors que lors d'un scrutin comparable en 2011, elle rassemblait près de la moitié des votes (49%)», précise Jean-Daniel Levy, le directeur du Département Politique et Opinion d'Harris Interactive.

«C’est la traduction de deux aspects: une plus faible mobilisation de la part des sympathisants de gauche que ceux de droite ou d'extrême droite. Et aussi la difficulté pour les électeurs de percevoir d’une manière nette une grande différence entre un département géré par la gauche et un autre par la droite», ajoute-t-il.

Barrage au FN? Les Français divisés

Seul 1 Français sur deux (51%) déclare un intérêt pour ce scrutin. «Cela montre l'absence d'enjeux. La mobilisation risque d’être faible», commente Jean-Daniel Levy. Aller voter pour faire barrage au Front National apparaît comme une incitation clivante. 54% des Français se reconnaissent dans cette motivation et 44% peu ou pas. Dans le détail, on remarque que 87% des sympathisants socialistes sont motivés par cette raison pour seulement 47% à l'UMP.

En cas de duel avec le Front National au second tour, les Français sont partagés sur les éventuelles consignes de vote. Ainsi, dans le cas de figure où l'UMP est éliminée au premier tour, les Français apparaissent partagés entre l'attente d'un appel de la part du parti de droite à voter pour la gauche (41%) ou l'absence de consigne de vote (39%). Les sympathisants de l'UMP sont plutôt favorables au «ni-ni» (56%), et 15% souhaitent un appel à voter Front National (18% pour un appel à voter à gauche).

Dans le cas d'un duel FN-Droite au second tour, les Français sont aussi partagés. 45% des Français attendraient que le PS appelle à voter pour la droite, et même 73% des partisans socialistes. (19% pour l'absence de consigne, 1% pour le FN).

«Quand on est plutôt sympathisant de gauche, on souhaite clairement un appel contre le FN. A droite, on voit bien que le FN n'est pas un repoussoir absolu», indique Jean-Daniel Levy.

*Sondage réalisé en ligne les 17 et 18 mars 2015 sur un échantillon de 1.015 personnes représentatifs de la population française de 18 ans et plus, selon la méthode des quotas. L'échantillon est représentatif des inscrits sur les listes électorales dans les territoires de France métropolitaine concernés par le scrutin.