Elections départementales: Juppé fustige la ligne «à droite toute» de l'UMP qui «fait le jeu du Front national»

POLITIQUE Une attaque à peine voilée à Nicolas Sarkozy...

20 Minutes avec AFP

— 

Alain Juppé le 29 janvier 2015 à Bordeaux
Alain Juppé le 29 janvier 2015 à Bordeaux — Nicolas Tucat AFP

Alain Juppé, ancien Premier ministre UMP, met en garde contre une ligne «à droite toute» qui fait «le jeu du Front national», mercredi dans une interview à La Voix du Nord.

«Je suis pour une ligne d'alliance de la droite et des centres et non pas pour une direction "à droite toute" qu'on dit "décomplexée" mais dont on voit bien qu'en réalité, elle fait le jeu du Front national», affirme Alain Juppé.

Le maire de Bordeaux est mercredi dans le Nord, à Roubaix et Tourcoing, pour soutenir les candidats aux élections départementales. Avant une réunion publique en soirée à Tourcoing aux côté du député-maire UMP de la ville, Gérald Darmanin, il visitera un site culturel et deux entreprises spécialisées dans le numérique et le textile.

Eviter «toute compromission avec le FN»

«On voit bien qu'une partie non négligeable des militants (UMP) est tentée de rejoindre le Front national. Eh bien, le rôle des dirigeants, c'est de ne pas suivre ce mouvement», insiste Alain Juppé, en dénonçant «toute compromission avec le FN», pour des raisons à la fois «de principe ou de programme».

Marine Le Pen «s'est précipitée dans les bras de M. Tsipras et de l'extrême gauche grecque parce qu'elle y trouvait un discours anti-européen. C'est son obsession, son seul élément de programme, tous nos maux viennent de l'Europe», ironise-t-il.

«Décortiquer son programme pour ouvrir les yeux de ses électeurs»

«Or, qu'est ce qui se passe en Grèce depuis trois mois? Le nouveau gouvernement a mangé son chapeau et ses électeurs ont dû se sentir trompés. Alors, que les adhérents du Front réfléchissent un peu au caractère démagogique de promesses qui ne seront pas tenues», ajoute-t-il.

Affronter la présidente du FN, c'est «décortiquer son programme pour ouvrir les yeux de ses électeurs», «défendre notre propre projet» et «enfin, faire l'union», ajoute Alain Juppé, hué à plusieurs reprises dans des réunions UMP pour avoir plaidé en faveur d'une alliance avec le MoDem.