Kazakhgate: Le Sénat lève l'immunité parlementaire de Aymeri de Montesquiou

JUSTICE Il s'agit de l'ancien conseiller pour l'Asie de Nicolas Sarkozy....

M.P. avec AFP

— 

Le sénateur (UDI) Aymeri de Montesquiou lors d'un point presse à Téhéran, le 28 avril 2014.
Le sénateur (UDI) Aymeri de Montesquiou lors d'un point presse à Téhéran, le 28 avril 2014. — AFP PHOTO/BEHROUZ MEHRI

Le bureau du Sénat a levé ce mercredi l'immunité parlementaire d'Aymeri de Montesquiou, impliqué dans une affaire de retrocommissions présumées en marge de contrats conclus avec le Kazakhstan.

Les juges financiers Roger Le Loire et René Grouman souhaitent entendre l'élu centriste du Gers sur deux dossiers liés. Le premier concerne un contrat de vente d’hélicoptères Eurocopter au Kazakhstan, en 2009, et le versement présumé de rétrocommissions. Le deuxième dossier vise un trafic d’influence présumé franco-belge pour obtenir ce contrat évalué à deux milliards d’euros. Cette vaste enquête surnommée «Kazakhgate» a débuté 2012 avec un signalement de la cellule anti-blanchiment Tracfin.

Vote à main levée

«C'est moi qui ai demandé la levée de mon immunité, parce que le dossier est complètement vide, a aussitôt réagi le sénateur du Gers auprès de l'AFP. Cela change le caractère des choses.» Aymeri de Montesquiou avait été le représentant de Nicolas Sarkozy en Asie centrale. Son bureau et son domicile ont été perquisitionnés dans le cadre de cette affaire liée à des contrats conclus sous la présidence de Nicolas Sarkozy pour un montant total de deux milliards d'euros, notamment pour l'achat de 45 hélicoptères fabriqués par Eurocopter (devenu Airbus Helicopters) et 295 locomotives.

Le bureau du Sénat s'était auparavant prononcé en faveur du vote à main levée sur les demandes de levée d'immunité parlementaire. Montesquiou a été le premier concerné par cette modification proposée par le groupe de travail sur la réforme de la gouvernance du Sénat mis en place par son président Gérard Larcher (UMP) après sa réélection en septembre.

Auparavant, le vote était effectué à bulletins secrets, ce qui avait provoqué une polémique au moment de la levée de l'immunité de l'industriel Serge Dassault (UMP) dans le cadre d'une enquête sur des achats de voix lors des campagnes municipales de Corbeil-Essonnes en 2008, 2009 et 2010.