VIDÉO. Qualifiée de «MST» par un député UMP, Marisol Touraine réagit avec «émotion»

ASSEMBLÉE La ministre des Affaires sociales dit avoir été la cible de nombreuses attaques déplacées en raison de son projet de loi santé...

N.Beu.

— 

Marisol Touraine devant la commission des Affaires sociales, à l'Assemblée nationale, le 17 mars 2015.
Marisol Touraine devant la commission des Affaires sociales, à l'Assemblée nationale, le 17 mars 2015. — BFMTV

Marisol Touraine contre-attaque. Mardi soir, la ministre des Affaires sociales a vivement dénoncé les attaques personnelles dont elle a fait l'objet dans le cadre des débats autour du projet de loi santé, lançant avec émotion que «la coupe est pleine». 

Elle réagissait notamment à un tweet posté par Arnaud Robinet, le secrétaire national de la santé à l'UMP, qui la rebaptisait «MST», pour maladie sexuellement transmissible. 

«Il y a des choses que je comprends mal, c'est le ton sur lequel certaines contestations sont portées», a déclaré la ministre lors de la présentation de son projet devant la commission des Affaires sociales de l'Assemblée nationale. «Je ne vois pas ce que nos débats ont à gagner à des formulations qui sont d'une violence, je le dis, d'une violence qui me sidère», a-t-elle lancé, évoquant «certains mails d'une virulence digne d'une époque que l'on croyait révolue».

«Je ne suis pas imperméable»

«Si un responsable gouvernemental se permettait le dixième, le centième de la virulence des propos qui sont tenus à mon égard, on dirait qu'il perd le nord», a-t-elle souligné. «Je ne me suis pas exprimée là-dessus jusqu'à présent. Je le fais ce soir parce que parfois la coupe est pleine», a poursuivi Marisol Touraine, très émue. «Il y a des moments où il n'y a pas eu que de la colère. Il y a aussi eu une forme d'émotion», a-t-elle ajouté. «J'ai le droit en tant que personne, en tant que femme, en tant que ministre, au respect comme toute personne a droit dans ce pays», a-t-elle dit sous les applaudissements de membres de la commission.

«J'ai beau être décrite comme froide et glaciale et imperméable à tout ce qui se dit, à tout ce qui s'écrit, je ne suis ni imperméable, ni sourde ni aveugle sur ce qui circule, se dit et se fait dans les manifestations», a dit la ministre, souvent attaquée avec violence ces derniers mois par les professionnels de santé hostiles au projet de loi. «Et lorsque ça gagne le Parlement, je dois dire que j'en suis estomaquée même si je prends acte des excuses qui me sont portées.»

Robinet s'en lave les mains

La ministre a été soutenue par d'autres participants à la commission. Plus tôt, sa présidente, Catherine Lemorton (PS), avait ainsi dénoncé un «pur scandale», au sujet du tweet d'Arnaud Robinet. «On doit être respectueux à l’Assemblée, ne montrons pas d’emblée des divisions politiques portant sur la personne et, en plus, de façon vulgaire», a quant à lui regretté Olivier Véran, le rapporteur PS du projet de loi santé, sur LCP.

Interrogé par cette même chaîne, Arnaud Robinet a semblé s'en laver les mains. Le député a plaidé l'humour et dit n'avoir «aucun regret».