Manuel Valls: Les Français «ne voudront plus jamais de Nicolas Sarkozy»

DEPARTEMENTALES En meeting mardi soir pour les élections départementales, le Premier ministre a reproché aussi à l'ancien chef de l'Etat de courir après l'extrême droite...

M.B. avec AFP

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Le Premier ministre Manuel Valls, le 17 mars 2015 à Evry.
Le Premier ministre Manuel Valls, le 17 mars 2015 à Evry. — CHAMUSSY/SIPA

Manuel Valls prend de nouveau Nicolas Sarkozy pour cible à l'approche des élections départementales. Après avoir asséné lundi soir que le patron de l'UMP «n'a ni nerfs, ni colonne vertébrale, ni convictions», mardi soir, lors d'une réunion publique en Meurthe-et-Moselle, il a estimé que les Français «ne voudront plus jamais de Nicolas Sarkozy» et ont «besoin de dignité et de hauteur de vue».

«Faire de la politique, ça n'est pas s'en prendre au président de la République en faisant des calembours, en se comportant comme celui qui anime maintenant des meetings de l'UMP. Quand on tient un discours de militant, on parle des vrais sujets», a-t-il lancé à propos de Nicolas Sarkozy devant plus de 800 sympathisants socialistes à Dombasle-sur-Meurthe.

«Faire un peu d'introspection»

 Il faut lui rappeler qu'il n'est plus président de la République, qu'il a été battu. Quand on a été battu à une élection présidentielle, c'est toujours bien de faire un peu d'introspection», a poursuivi le Premier ministre, en demandant à Nicolas Sarkozy de «s'élever au niveau, tenir de bons discours, parler de bons sujets».

Manuel Valls a poursuivi en critiquant des propositions de Nicolas Sarkozy, comme celle d'interdire le voile islamique à l'université, «dont on sait parfaitement qu'elle ne peut aboutir», a-t-il estimé. «C'est encore une fois courir après l'extrême droite», a-t-il ajouté, en se disant par ailleurs «choqué» de la décision du maire UMP de Chalon-sur-Saône de retirer les menus sans porc des cantines scolaires.

«Les Français n'ont pas besoin de revanche»

Dénonçant encore la «violence» de l'ancien chef de l'Etat, Manuel Valls a estimé qu'«on ne peut parler aux Français uniquement à travers la revanche. Les Français n'ont pas besoin de revanche, les Français ont besoin d'un débat politique serein », a-t-il estimé, quelques minutes après l'intervention de Nicolas Sarkozy au journal de 20 heures de TF1. A cette occasion l'ancien chef de l'Etat a notamment soutenu la décision du maire de Chalon. «Si vous voulez que vos enfants aient des habitudes alimentaires confessionnelles, vous allez dans l'enseignement privé confessionnel», a-t-il appuyé. « Si la République ne fait pas accepter de règles, il n'y a plus de République », a-t-il dit.