VIDEO. Immigration: Les contre-vérités de Jean-Marie Le Pen

MEDIAS Invité sur France Inter ce mardi, le président d'honneur du Front national a avancé des chiffres contestables...

Delphine Bancaud

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Jean-Marie Le Pen, le 17 mars sur France Inter.
Jean-Marie Le Pen, le 17 mars sur France Inter. — france inter

Une émission de radio peut être un exercice d’équilibriste. Jean-Marie Le Pen en a fait l’expérience ce mardi matin sur France Inter. Le président d'honneur du Front national s’est emmêlé les pinceaux à plusieurs reprises. 20 Minutes revient sur les principales contre-vérités qu’il a émises sur l'immigration et les musulmans.

 

«Il est entré en France 12 millions d’étrangers depuis 40 ans»

FAUX. Selon une étude l’Insee parue en novembre 2014, près de 200.000 permis de séjours sont délivrés chaque année. Mais compte tenu des décès et des départs, la population immigrée croit en moyenne de 90.000 personnes par an. Même si on multiplie ce chiffre par 40, on est loin de l’estimation de Jean-Marie Le Pen. Par ailleurs à l'occasion du discours sur l’immigration de François Hollande en décembre, le site de l'Elysée faisait un point sur le sujet. Il précisait que la proportion d'immigrés dans la population française était d'environ 8,5%, et qu’elle était stable depuis les années 70. «Cela représente environ 5 millions de personnes», indiquait le site de l’Elysée.

«Il y a 15 à 20 millions de musulmans en France»

FAUX. Même si plusieurs statistiques existent sur le sujet, aucune n’avoisine celle de Jean-Marie Le Pen. Ainsi, l'enquête «trajectoire et origines» menée par l'Insee et l'Ined en 2010, sur la base de sondages, estimait les fidèles musulmans à 2,8 millions en 2008. De son côté, le ministère de l'Intérieur, chargé des cultes, évoque régulièrement le chiffre de 3 à 4 millions de musulmans en France.

«L’immigration coûte 100 milliards d’euros par an dans notre pays»

FAUX. En 2010, des chercheurs de l’université de Lille s’étaient penchés sur le coût de l’immigration pour la France et ont montré que le solde était positif pour les finances publiques. Car si l’Etat verse aux immigrés des retraites, des aides sociales, des allocations-chômage, des prestations de santé et finance la scolarité de leurs enfants, en retour ils lui reversent des sommes importantes (impôts sur le revenu, sur le patrimoine, taxes à la consommation, impôts locaux, contribution au remboursement de la dette sociale (CRDS), contribution sociale généralisée (CSG), cotisations sociales...). Du coup, en 2009, les immigrés recevaient de l’Etat 47,9 milliards d’euros, mais lui reversaient 60,3 milliards, soit un solde positif de 12,4 milliards d'euros.