«Il faut se tourner franchement vers l’avenir»

Sa. C. avec AFP

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Les présidentiables du PS Ségolène Royal, Jack Lang, Dominique Strauss-Kahn, Laurent Fabius se sont retrouvés samedi à Strasbourg pour les derniers états généraux du parti, consacrés à l'Europe.
Les présidentiables du PS Ségolène Royal, Jack Lang, Dominique Strauss-Kahn, Laurent Fabius se sont retrouvés samedi à Strasbourg pour les derniers états généraux du parti, consacrés à l'Europe. — Jack GUez AFP/Archives

Les éléphants vont-ils reprendre le contrôle du PS? A peine la défaite annoncée, dimanche soir à 20h, certains se plaçaient déjà pour mener la bataille à venir des législatives, formulant des critiques à peine voilées à l’encontre de la candidate socialiste. Avec en tête Dominique Strauss-Kahn qui s’est déclaré «disponible» dès 20h15 sur France 2.

Autre éléphant éclipsé par Ségolène Royal lors des primaires socialistes, en novembre 2006, Laurent Fabius a également pris date, dès dimanche soir, pour la suite du calendrier électoral, tâclant au passage la candidate: «La victoire ne peut être que collective, la gauche, c'est le "nous", ce n'est pas le "je"», a-t-il affirmé.

Royal et Hollande sur la sellette?

Des critiques balayées, lundi matin, par Vincent Peillon, porte-parole de campagne de Ségolène Royal. «Il faut franchement se tourner vers l'avenir, un mouvement s'est engagé, enfin. Il faut nous engager sur les législatives et il nous reste à faire un travail de fondation idéologique», a-t-il déclaré sur Canal Plus. Et de préciser que la «refondation» passe par un renouvellement du PS. «Il ne faut pas revenir à des gens qui ont déjà exercé la responsabilité, à la génération en arrière», a-t-il souligné, citant au passage Dominique Strauss-Kahn et Laurent Fabius. Pour Vincent Peillon, l’avenir du PS « ce n'est pas François Hollande, c'est tous les autres».

Des contestations qui ont obligé François Hollande a rappelé ses troupes à l’ordre, lundi matin. Il a prévenu qu’il ne tolérerait pas de «règlements de compte» avant les législatives. Et cette bataille sera menée avec la candidate malheureuse. «Ségolène Royal a pris une force qui sera utile à la gauche», a-t-il précisé.

Lundi, Dominique Strauss-Kahn mettait un peu d’eau dans son vin. Il a reconnu sur Europe 1 que ce n’était «pas un problème de personne», que «chacun porte la responsabilité de ce qui s’est passé» et que Ségolène Royal avait déjà «pas mal rénové» le PS.

Battre la droite grâce aux alliances?

A peine remis de sa gueule de bois le PS doit aujourd’hui répondre à une question qui le taraude depuis le premier tour: une victoire sur la droite passe-t-elle aujourd’hui par une alliance avec le centre?

Les «Gracques», collectif d'anciens collaborateurs des gouvernements socialistes, ont sauté sur l’occasion lundi, appelant à «accord de gouvernement» entre le PS et le centre et à des «désistements mutuels» aux législatives, dans une tribune parue lundi dans le «Nouvel Observateur». Une position partagée par Bernard Kouchner, mais peu par d’autres leaders du parti