Cinq révélations chocs sur Patrick Buisson

POLITIQUE Un livre sur l’ancien conseiller de Nicolas Sarkozy sort le 23 mars...

N.Beu.

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Patrick Buisson le 15 octobre 2012 à Paris
Patrick Buisson le 15 octobre 2012 à Paris — Miguel Medina AFP

Nicolas Sarkozy l’appelait son «homme», son «hémisphère droit», sa «boussole». Mais qui est vraiment Patrick Buisson et quel rôle jouait-il auprès du président de la République, entre 2007 et 2012? Le Mauvais génie (Fayard), un livre explosif des journalistes du Monde Vanessa Schneider et Ariane Chemin, à paraître le 23 mars, lève le voile sur la relation entre les deux hommes ainsi que sur l'activité du conseiller, jusqu’à la défaite de 2012 et même l’affaire des enregistrements. Zoom sur cinq révélations de l’ouvrage.

Les surnoms de Sarkozy

Si Nicolas Sarkozy ne tarit pas d’éloges sur son conseiller, avec qui il travaille depuis février 2007 et qu’il considère comme un «génie», Patrick Buisson n’a pas autant d’égards pour le président de la République. Derrière son dos, il l’appelle parfois le «Nain» ou le «Petit», mais aussi «Talonnettes», le «Zinzin», «Naboléon» ou «Tête creuse».

Buisson, faiseur et défaiseur de ministres

L’ancien directeur de la rédaction de Minute ne se contente pas de conseiller Nicolas Sarkozy sur le fond des choses. Selon l'enquête de Vanessa Schneider et Ariane Chemin, il influence aussi les choix de personnes du chef de l’Etat. En 2007, c’est lui qui souffle le nom de son copain Hervé Novelli, un ancien du groupuscule d'extrême droite Occident, pour occuper un poste de ministre. Par la suite, il fait et défait les réputations. Il défend Laurent Wauquiez, qu’il conseille en sous-main, et sauve même sa tête à plusieurs reprises. A l’inverse, Rachida Dati, surnommé la «voleuse de poules», Michèle Alliot-Marie et Brice Hortefeux, le vieil ami de Nicolas Sarkozy, font les frais des prises de position de Buisson.

L’idée choc de 2012

Au printemps 2012, Nicolas Sarkozy est distancé dans les sondages par François Hollande. Pour arracher la victoire, Patrick Buisson songe alors à souffler sur les braises du passé afin de toucher l’électorat populaire. Son idée? Dénoncer les accords d’Evian qui ont mis fin à la guerre d’Algérie. Buisson veut notamment revenir sur le «régime de faveur» dont disposent depuis 1962 les ressortissants algériens en matière d’immigration. Nicolas Sarkozy n’en fera finalement rien.

La relation Buisson-Mélenchon

Le leader du Front de gauche est fréquemment questionné sur le sujet. Sur le divan de Marc-Olivier Fogiel, le mois dernier, Jean-Luc Mélenchon avait ainsi expliqué: «Ce gars, je l'ai croisé sur un plateau de télévision. Il m'invite à sa Légion d'honneur [en 2007]. J'y vais. Sinon, on va encore dire que je suis un sauvage toujours fourré avec les rouges.» Vanessa Schneider et Ariane Chemin donnent une autre version de leur rencontre et de la relation que les deux hommes entretiennent. Ils se seraient rencontrés en réalité en 1993. «Le début d’un long dialogue et d’une amitié», écrivent les journalistes du Monde. Mélenchon consulte Buisson avant chaque décision stratégique, comme en 2008, lorsqu’il quitte le PS, ou en 2012, quand il se présente à la présidentielle. Un pacte «subliminal» se noue: Sarkozy loue les qualités de Mélenchon, ce dernier concentre ses critiques sur Le Pen et Hollande.  

Buisson et le business des ministres

A la tête de la chaîne Histoire, Buisson puise dans son carnet d’adresses pour «lancer des opérations spéciales, programmer des commémorations ou financer des documentaires». Ainsi, le secrétaire d'Etat aux Anciens combattants et maire de Toulon, Hervé Falco, financera un film sur la guerre d’Algérie. Le secrétaire d'Etat au Commerce et au Tourisme, Hervé Novelli, subventionnera plusieurs documentaires sur les cités historiques.