«Un besoin de chirurgie au PS»

Propos recueillis par Philippe Berry

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Didier Bariani est président du Groupe UDF au Conseil de Paris et élu du 20ème arrondissement de Paris.
 
Quel est votre sentiment ce soir, après la nette victoire de Nicolas Sarkozy?
Il n’y a pas à ergoter, à sous-peser ses mots, c’est une victoire nette et sans bavure, avec un écart qui ne laisse place à aucune interrogation. Ceci dit, ce n’est pas vraiment une surprise, on y était préparé depuis le 22 avril.
 
Comment analysez-vous le report des voix UDF, 40% pour Nicolas Sarkozy, 40% pour Ségolène Royal et 20% d’abstention?
Cette répartition ne m’étonne pas. Dans cet électorat, beaucoup ont voté par défaut pour éliminer l’un ou l’autre. Il y avait beaucoup d’interrogations sur la conduite à tenir, cela se traduit par l’absence de tendance dans un sens ou dans l’autre.
 
L’UMP répète qu’il y aura des ministres centristes…
Nicolas Sarkozy a été très clair dans son discours. Il appelle les gens de tout bord à rejoindre son projet, et pas à venir le pondérer. Il cherche un casting, une photo de classe, et je crains que les centristes qui le rejoindraient soient plutôt choisis pour ce qu’il représentaient que pour ce qu’ils représenteront dans son gouvernement.
 
Dans cette configuration, avec de nombreux députés UDF ayant appelé à voter pour Nicolas Sarkozy, quelle place pour le centre et François Bayrou?
François Bayrou est un cinquantenaire, son avenir politique est devant lui. Il peut légitimement considérer qu’il a réussi dans cette présidentielle à faire entrer ses idées dans les mœurs politiques. C’est un vrai tournant.
 
Mais concrètement, quelle stratégie pour les législatives?
On ne va pas se mentir. Est-ce que la situation est facile? Non. Est-ce que le positionnement dans les circonscriptions sera aisé pour ceux qui rejoindront le Mouvement démocrate? Non. Mais notre rôle pour une opposition d’un nouveau genre, plus forcenée mais constructive est indispensable.
 
Un centriste du Mouvement démocrate pourra-t-il faire partie du gouvernement Sarkozy?
Il est certain que le fait d’avoir appelé à voter Nicolas Sarkozy n’est pas rédhibitoire pour entrer au Mouvement démocrate. Mais faire partie du gouvernement sera plus difficilement conciliable. Il s’agit de garder notre liberté vis à vis de l’UMP et du parti socialiste.
 
Le PS justement, quels enseignements du scrutin tirez-vous à chaud?
Ce n’est pas une défaite pour Ségolène Royal, qui a fait, surtout sur la fin une belle campagne, mais bel et bien pour le parti socialiste. Désormais le PS a besoin d’une vraie séance de chirurgie et doit décider quel sera son futur visage. Dominique Strauss-Kahn l’a bien dit ce soir, la situation est «très grave».