«Aah maintenant ils vont bouger les Rmistes, on va les faire travailler, ces bâtards!»

REPORTAGE Les militants UMP savourent la victoire à Marseille..

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A une demi-heure du verdict, la permanence de l’UMP, rue Sainte-Cécile (5e), a des allures de boîte de nuit. Une foule compacte, majoritairement jeune et très fashion, déborde jusque dans la rue. A l’intérieur, serré comme des sardines, tout le monde sue à grosses gouttes. «On a mis la clim’ à fond, restons calmes, le moral est plutôt bon!», lance Renaud Muselier, secrétaire départemental et premier adjoint au maire de Marseille.

Emilie, 22 ans, sympathisante, trépigne: «On sait que Sarkozy va gagner mais le score final va être important pour pouvoir réformer face aux manifestations et aux protestations.» Tout autour les militants se congratulent, applaudissent, reprennent des chants de l’OM: «Aux armes! Nous sommes de l’UMP! Et nous allons gagner!»

«Ecoutez madame Royal»

A 20h, quand le visage de Nicolas Sarkozy apparaît sur l’écran géant, c’est l’explosion de joie. Suit la candidate PS, pour sa déclaration officielle. Sur la sono de la salle, Renaud Muselier tente de ramener le calme: «S’il vous plaît, écoutez madame Royal, écoutez-la. Elle a fait 47%, tout de même.»

Bousculées par la foule de journalistes, Sylvie et Cathy, la quarantaine, savourent le moment. «C’est la plus grande victoire de la droite depuis 1981. A l’époque, les gens n’avaient jamais vu les socialistes au pouvoir, ils ont voulu essayer. Ça a pris une génération, mais les électeurs ont compris que ça ne marche pas.»

Au fond de la salle, on installe le buffet. Sortant prendre l’air, un militant se marre au téléphone: «Aah maintenant ils vont bouger les Rmistes, on va les faire travailler, ces bâtards!».

A Marseille, Frédéric Legrand