53% Sarkozy président

DEUXIÈME TOUR e candidat remporte l'élection avec une forte avance 53,06% contre 46,94% à Ségolène Royal...

Pierre Koetschet

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Une victoire sans contestation. Nicolas Sarkozy qui a remporté dimanche l’élection avec une forte avance (53,06% contre 46,94% à Ségolène Royal, selon les chiffres du ministère de l'Intérieur), devient le sixième président élu de la Ve République.

Après le premier tour, Nicolas Sarkozy n’a eu de cesse de clamer qu’il tirait sa légitimité de la très forte participation. Nul doute qu’il se sent conforté par l’écart sensible, 4 millions de voix environ, entre les deux candidats et la forte participation. Le futur chef de l’Etat savoure cette victoire et se pose d’emblée en rassembleur: «Je ne vous trahirai pas, je ne vous mentirai pas, je ne vous décevrai pas.» Place de la Concorde, devant des dizaines de milliers de partisans, le vainqueur s’est attaché à rappeler ses principales promesses de campagne: « Je vous ai promis le plein emploi, je vais me battre pour le plein emploi. J'ai dit que le pouvoir d'achat était un grave problème, je me battrai pour le pouvoir d'achat.»

«La France sera à leurs côtés»

Dès les premiers résultats connus, Nicolas Sarkozy avait fait un discours plus «présidentiel»: «Je veux lancer un appel à nos partenaires européens, auxquels notre destin est lié, pour leur dire que toute ma vie j'ai été européen, que je crois en la construction européenne et que ce soir la France est de retour en Europe. Mais je les conjure d'entendre la voix des peuples qui veulent être protégés.» Il a livré sa vision de la France dans le monde: «Je veux lancer un appel à tous ceux qui dans le monde croient aux valeurs de tolérance, de liberté, de démocratie et d'humanisme, à tous ceux qui sont persécutés par les tyrannies et par les dictatures, à tous les enfants et à toutes les femmes martyrisés dans le monde pour leur dire que la France sera à leurs côtés, qu'ils peuvent compter sur elle.»

En attendant, Nicolas Sarkozy doit remobiliser son électorat pour les élections législatives les 10 et 17 juin prochains. Ce n’est pas le seul événement sur l’agenda du nouveau président. Nicolas Sarkozy a d’ores et déjà promis une présidence au pas de charge, avec de nombreux projets de lois votés une fois la nouvelle assemblée installée.

54% le soir du premier tour

Pour la gauche, après la défaite de 2002, c’est une nouvelle claque. L’avenir de Ségolène Royal s’est assombri, celui du PS est lui aussi tourné vers l’orage, comme celui la gauche qui n’a pas pu rassembler plus de 36% des suffrages au premier tour. Toutefois, même si la candidate socialiste n’a pas réussi à renverser la tendance entre les deux tours, loin d‘être abattue, elle a pris date pour l’avenir: «Vous pouvez compter sur moi pour approfondir la rénovation de la gauche et la recherche de nouvelles convergences au-delà de ses frontières actuelles. C’est la condition de nos victoires futures.»

«Une révolution social-démocrate»

Quelques minutes après l’annonce de la défaite, de nombreuses voix se sont pourtant élevées pour critiquer la façon dont la campagne avait été menée. François Hollande a reconnu «des erreurs». Sur son blog, Dominique Strauss-Kahn va plus loin: «Nos concitoyens ne veulent plus des solutions du passé. Ils voient bien que la gauche doit apporter autre chose que ce qu’elle a toujours dit. J’ai tenté une révolution social-démocrate pendant la primaire socialiste. Elle n’a pas abouti. Ce renouveau est aujourd’hui nécessaire.»